A la Maison des Femmes, entre soins, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Malgré les difficultés que rencontre leur structure…
Cette Maison des Femmes a véritablement existé, basée à St Denis, connue pour avoir été une des premières structures associatives à gérer les violences intra conjugales plus spécifiquement, entre autres problèmes rencontrées par les femmes dans leur parcours de vie. Pour son premier travail de réalisation, Melisa Godet relate donc des faits réels qu’elle a évidemment modifié pour les besoins de la fiction et accoucher d’un scénario plutôt dense, racontant le quotidien d’une équipe de soignants, luttant contre leur manque de moyens financiers, le relatif désintérêt des politiques (en tout cas à l’époque de l’intrigue en 2019), l’afflux massif de victimes venant chercher un soutien que la police ne peut assurer. Si la réalisation tend parfois à trop de neutralité, La Maison des Femmes opte pour deux axes difficiles à unir: le drame choral et l’humour ou en tout cas la légèreté afin de ne pas trop plomber l’ensemble. On y parle tout de même d’excision, de maris violents, d’emprise psychologique, bref un catalogue inhérent à la réalité du calvaire vécu par toutes ces femmes. L’aspect le plus positif du film réside dans sa capacité à décrire la solidarité, l’entraide, l’empathie dans des situations souvent lourdes. La réalisatrice frôle souvent le trop plein de bons sentiments, heureusement les moments de véritable émotion prennent le dessus, entre autres dans les témoignages face caméra des victimes.
L’autre gros point salutaire se trouve tout entier dans la distribution: dans un élan collectif à l’énergie communicative, le film adopte un ton féministe rehaussé par les interprétations convaincantes de Karin Viard (toujours aussi boute en train), de Laetitia Dosch en soignante débordée, de Eye Haidara en collègue grande gueule, de Juliette Armanet en psychologue attentive. La très bonne surprise vient de Oulaya Amamra, révélée par Divines il y a presque 10 ans, et qui témoigne ici d’une maturité de jeu étonnante. Pour ce qui est des seconds rôles, citons Laurent Stocker, Pierre Deladonchamps et une émouvante Aure Atika. Nécessaire, engagé dans la défense du droit des femmes, La Maison des Femmes n’est pas un grand film, mais sa générosité, son message irrécusable et son casting justifient largement de lui accorder de l’attention.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



