AccueilCritiquesFilm historiqueLA VIE PRIVEE D'ELISABETH D'ANGLETERRE

LA VIE PRIVEE D’ELISABETH D’ANGLETERRE

Le Comte d’Essex revient à Londres après avoir guerroyé devant Cadix. La reine Elisabeth, très éprise de lui, lui reproche malgré tout de n’avoir recherché qu’une vaine gloire personnelle plutôt que l’intérêt de l’Angleterre. Furieux de la nomination de son rival, Sir Walter Raleigh à un poste important, Essex se retire sur ses terres. Hélas, la correspondance entre la reine et son fougueux guerrier tombe entre des mains malveillantes…

Quand Hollywood s’empare d’une pièce de théâtre pour l’adapter sur grand écran, le résultat s’avère souvent statique, plombant et parfois ennuyeux. Ce n’est assurément pas le cas de cette Vie Privée d’Elisabeth d’Angleterre , un texte écrit à l’origine par le dramaturge Maxwell Anderson, contant l’opposition entre la cour d’Angleterre et le Comte d’Essex assoiffé de pouvoir. En mêlant intrigues politiques, amour passionnel entre la reine et son beau guerrier, manipulations en interne par des courtisans lâches et comploteurs, le film repose avant tout sur les joutes verbales, les dialogues incisifs et la façon dont les sentiments humains viennent s’entrechoquer contre les ambitions politiques dévorantes de ses protagonistes. Michael Curtiz, célèbre réalisateur de Robin des Bois et plus tard de Casablanca, mène cette ronde des passions avec un sens aigu du cadre, avec l’appui d’un superbe Technicolor et d’un vrai point de vue sur son sujet. Curtiz montre parfaitement le dilemme pour la Reine à se conduire comme un être humain et en amoureuse absolue tout en faisant respecter ses engagements vis à vis du trône: un choix cornélien qui fait tout le sel du récit et que l’on suit avec un intérêt renforcé. Qu’importe dès lors que les décors en carton pâte soient assez grossiers, ils ne constituent pas un handicap majeur dans le plaisir pris à suivre ce passionnant épisode historique.

D’autant que le couple vedette a fait couler beaucoup d’encre, d’abord en se détestant cordialement pendant le tournage, ensuite en jouant leurs rôles avec assez de conviction pour que l’alchimie des deux amants soit la plus concluante possible. Ainsi Errol Flynn, physique ravageur, incarne un Essex impulsif et téméraire face au « monstre » d’incarnation qu’est Bette Davis. Grimée et enlaidie pour camper la régente vieillissante, elle est fabuleuse en passant de l’amour déchirant à l’inflexible manque de pitié et grâce à son interprétation habitée, on ressent constamment l’impossibilité de concilier humanité et pouvoir. Hautement recommandable.

ANNEE DE PRODUCTION 1939.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un drame historique, entre amour contrarié et soif de pouvoir, brillamment conduit par Curtiz. Errol Flynn a de la présence, mais Bette Davis, elle, du génie!!

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Un drame historique, entre amour contrarié et soif de pouvoir, brillamment conduit par Curtiz. Errol Flynn a de la présence, mais Bette Davis, elle, du génie!! LA VIE PRIVEE D'ELISABETH D'ANGLETERRE