Antoine et Marie s’apprêtent à se marier. Ils décident de faire rencontrer leurs deux familles, l’une venant du Nord de la France et l’autre du Sud. Les deux pères, Adolphe et Emile sympathisent assez spontanément…
Gilles Grangier sort de ses nombreuses habitudes dans le polar français pour mettre en scène cette comédie plutôt anodine, conduite par un duo de scénaristes à leurs débuts, Pascal Jardin et Claude Sautet! L’Age Ingrat narre la rencontre entre deux familles dont les enfants vont prochainement se marier et se penche surtout sur l’opposition des deux patriarches: le Normand un peu bougon et installé dans ses certitudes et le Marseillais jovial, avenant, un peu saoulant avec son flot de paroles. Confronter deux tempéraments relève du ressort comique le plus éculé et ici exploité à fond… peut être pour masquer la faiblesse d’un scénario relativement paresseux. En effet, les situations manquent d’enjeux, les séquences s’enchainent sans provoquer de franche enthousiasme et même si on suit le tout sans déplaisir, il faut admettre que l’ensemble traine quelque peu la patte! Grangier parait essentiellement là pour orchestrer la réunion programmée des deux producteurs/acteurs du projet et amis dans la vie: Jean Gabin et Fernandel.
En créant leur société de production commune, la Gafer, les deux comédiens ont opté pour un film qui les réunirait et L’Age Ingrat leur permet d’unir leur talent et leur personnalité à la fois sympathiques et attachantes. Du coup, le reste du casting s’en trouve un peu « délaissé »: Marie Dubois et Paulette Dubost en mère et fille trouvent quand même en deux/trois scènes l’occasion de se distinguer gentiment. Outre le fait que le film décrit la France des trente glorieuses et parle à un large public, la dispute qui intervient entre les deux pères demeure l’unique source de « rebondissement » d’un récit banal que l’on aurait aimé plus solide… surtout pour le face à face de tels monstres sacrés!
ANNEE DE PRODUCTION 1964.



