Madeleine , presque la quarantaine, dirige une maison de haute couture. Sa meilleure amie, Claire, est une jeune femme mariée et mère de deux enfants. Antoine est un homme entretenu, amant de Madeleine. Lorsqu’un jour Antoine rencontre Claire, il fait croire à la jeune femme qu’il est un homme riche dans le but de la séduire…
Après Les Jeux de L’Amour et Le Farceur, deux comédies romantiques assez irrésistibles, Philippe De Broca remet le couvert avec ce troisième long métrage mélangeant la légèreté, le charme, la frivolité, les amours inconséquentes et l’adultère assumé. Traitant de nouveau avec les intermittences du coeur, L’Amant de 5 Jours tente de renouer avec la grâce de ces tous débuts, la spiritualité de ses dialogues, en réalité cette fois son scénario (inspiré du roman de Françoise Parturier) ne fonctionne pas avec autant de panache, sûrement parce que De Broca ne cultivait pas le cynisme trimballé par ce livre. Son truc à lui était plus du côté du vaudeville délicieux où les hommes et les femmes jouent au chat et à la souris avec une conclusion toujours très morale et où l’ordre bourgeois ne se trouvait pas menacé. Dans cette fantaisie faussement désinvolte pourtant, une certaine mélancolie se faufile entre ceux qui trompent, ceux qui croient s’aimer pour toujours et ne font que vivre quelques fugaces instants de bonheur. Des réserves au niveau de la mise en scène peuvent également être soulignées: De Broca semble davantage blasé à filmer ce quatuor se tourner autour, usant de mensonges et de supercherie, comme s’il avait fait le tour de la question et qu’il la trouvait lui même rébarbative.
Avec l’apport d’un casting séduisant, L’Amant de 5 Jours arrive bon an mal an à happer notre curiosité. Micheline Presle en quadra pas dupe de son jeune amant entretenu est superbe d’assurance, Jean Pierre Cassel une nouvelle fois dirigé par De Broca confirme son aisance dans le registre du type intrépide et François Périer touchant en mari cocu prêt à pardonner tous les écarts de sa trop jolie femme. Le film garde un précieux diamant en son sein avec la présence de Jean Seberg, campant l’épouse infidèle, trahissant sa meilleure amie et manipulant son monde tout en restant tellement adorable qu’on ne peut jamais lui en vouloir! Une comédie sentimentale loin d’être ratée, mais qui traine quelque peu en longueurs et ne trouve pas le tempo adéquat.
ANNEE DE PRODUCTION 1961.



