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LE COLONEL CHABERT

Veuve d’un officier d’Empire disparu lors de la furieuse bataille d’Eylau en 1807, la comtesse Ferraud soutient ardemment l’ambition de son nouvel époux, que la Restauration a mis en position de devenir pair de France. Mais le colonel Chabert est-il bien mort ? A une heure tardive de la nuit, Derville, l’avoué de la comtesse, accepte de recevoir un pauvre hère déguenillé qui prétend être Chabert. Jeté vivant sous des dizaines de cadavres, dans une fosse commune, il a réussi à faire surface. Revenir en France lui a pris plus de dix ans mais à présent, il veut retrouver sa femme, sa fortune et son hôtel particulier.

Chef opérateur réputé depuis une bonne vingtaine d’années, Yves Angelo passe le pas pour réaliser son premier long métrage de réalisateur. Et s’attaque à un classique de la littérature française, Le Colonel Chabert, écrit par Honoré de Balzac et déjà porté à l’écran avant guerre. Le court roman décrivait le « retour à la vie » d’un officier déclaré mort sur le champ de bataille et revient dans la France de la Restauration pour retrouver sa femme… désormais remariée. Angelo restitue l’ambiance d’une époque, soigne sa photographie (un minimum pour un ancien chef op), met en images ce récit d’une déchéance (celle d’un homme en quête d’identité, de justice, de reconnaissance). Le portrait acide de l’aristocratie d’alors, engluée dans une effarante misanthropie, constitue l’essentiel du propos, à travers des dialogues nourris, le tout dans des décors et costumes particulièrement bien élaborés. Pourtant, au delà de ses qualités, si le film ne provoque aucun ennui, il ne déclenche pas non plus de passion, peut être à cause de ses trop nombreuses séquences « en intérieur » un peu étouffantes et proches du théâtre classique. La bataille d’Eylau, quant à elle, reste un des moments charnières du film, rappelant toute la violence des guerres napoléoniennes.

Le Colonel Chabert possède un atout majeur: sa distribution prestigieuse. Dans le rôle titre, Gérard Depardieu reprend la suite de Raimu (qui méritait en effet un petit dépoussiérage) et s’impose comme une évidence en homme revenu de l’enfer. Fanny Ardant compose un personnage d’épouse plus soucieuse de son argent que de ses sentiments (même si l’actrice sait apporter les nuances nécessaires pour ne pas paraitre antipathique). Puis, il y a Fabrice Luchini en Derville, le notaire, André Dussollier en mari désireux de sauver les apparences, et dans des participations on retrouve Claude Rich, Eric Elmosnino, Romane Bohringer en soubrette, etc… De louable facture, Chabert est du cinéma propre, sans grande surprise, surtout intéressant pour l’esprit de Balzac et les comédiens qui s’emparent de ses mots.

ANNEE DE PRODUCTION 1994.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Pour ses débuts derrière la caméra, Yves Angelo adapte Balzac et signe un film honorable aux images soignées. Il y manque juste un peu de souffle et de personnalité. Casting de choix dominé par le duo Depardieu/Ardant.

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