Peu avant la Première Guerre Mondiale, Yuri Jivago, jeune médecin poète à ses heures perdues, est marié à la jolie Tonya rencontre l’ardente et passionnée Lara, fiancée au révolutionnaire Pasha. En 1917, au moment de la Révolution qui secoue la Russie, Jivago est amené à revoir Lara dont il tombe éperdument amoureux, sans en parler à son épouse. Ils doivent quitter Moscou pour se réfugier à Varykino et fuir les purges politiques…
Trois ans à peine après le triomphe mondial de Lawrence D’Arabie, le réalisateur multi oscarisé David Lean rempile pour une nouvelle épopée gigantesque, produite par la MGM et adaptée du roman fleuve de Boris Pasternak. Le Docteur Jivago entremêle les tourments de l’Histoire de la Russie de 1914 à 1930, l’amour impossible d’un jeune médecin pour une jolie infirmière et les changements radicaux qui s’opèrent dans un pays en pleine mutation. Du foisonnant roman d’origine, Lean privilégie l’aspect sentimental et romantique et édulcore sciemment le mouvement du peuple pour acquérir une liberté de penser et d’agir à sa guise. Toujours très doué avec sa caméra et offrant des moments de pur lyrisme rehaussés par des images à couper le souffle, Lean a un sens intact du spectaculaire et réussit à conserver également le côté intimiste de cette histoire d’amour tragique. Immortalisé par la Chanson de Lara composée par Maurice Jarre, Jivago prend son temps (3H15!) pour raconter en flash backs la trajectoire du héros principal, ses choix de vie, sa double existence amoureuse, son idéologie et ses combats. De grands moments de bravoure constellent l’oeuvre (la charge des Cosaques sur les protestataires, le paysage hivernal à l’arrivée à Varykino, le final poignant lorsque Jivago revoit Lara depuis le tramway, etc..). Cette chronique des malheurs de la société russe avait pu être assez « indigeste » en littérature, Hollywood se charge de la « simplifier » et surtout d’en faire un film historique romanesque et purement cinématographique.
Comme toute superproduction qui se respecte, la distribution internationale est au rendez vous. Lean a confié le rôle titre à Omar Sharif (qui ne correspond pourtant pas à l’idée que l’on s’en faisait d’après le livre), il occupe la grande majorité des plans face à sa très jolie partenaire, Julie Christie, une blonde britannique piquante qui débutait une carrière prometteuse. Geraldine Chaplin, Rod Steiger, Alec Guinness, Klaus Kinski tiennent les personnages « secondaires » avec autant de talent que de présence. Cinq Oscars furent attribués (dont celui du meilleur scénario adapté) et un colossal succès permit à Lean de confirmer son statut de réalisateur idéal pour les fresques à gros budget. Soixante après sa sortie, Jivago demeure un monument de classicisme élégant à voir et à revoir.
ANNEE DE PRODUCTION 1965.



