LE FIL

Après la mort de son père, Malik, un Tunisien trentenaire qui a fait carrière en France, revient sur sa terre natale et y retrouve sa mère Sara. Dès son arrivée, il voudrait lui avouer qu’il aime les hommes  mais il n’y arrive pas et s’enfonce dans ses mensonges. Il tombe pourtant sous le charme d’un jeune homme local, Bilal, qui est au service de Sara…

Le Fil est le premier long métrage du jeune cinéaste tunisien Mehdi Ben Attia et a surpris la critique et le public par sa façon positive de parler d’homosexualité en Tunisie, pays encore largement intolérant sur la question et son récit s’apparente davantage à une comédie sentimentale plutôt qu’à un drame gay pesant. Le jeune héros, Malik, vit sa différence avec certes la peur du rejet, emprisonné par le lien très fort avec sa mère, mais souhaite s’en affranchir pour vivre un amour sincère avec l’homme qui fera battre son coeur. De ce point de vue, Le Fil adopte un scénario moins conventionnel que prévu, préférant la lumière aux sombres secrets enfouis, et dès que la romance entre Malik et Bilal commence, elle est d’emblée filmée avec chaleur, simplicité, sobrement élaborée jusque dans les scènes de sexe (sensuelles). La réalisation n’évite pas certaines facilités, inhérentes à celles des débutants et donc pardonnables. La symbolique du fil retenant le jeune homme à son passé et surtout à sa mère castratrice notamment s’avère peu subtile, mais heureusement l’intrigue se détache de ce sujet là pour se concentrer sur l’histoire d’amour homosexuelle. Le Fil cherche à prêcher la tolérance (pas gagnée) du peuple tunisien sur une question délicate et du coup se pose en oeuvre engagée.

En tête d’affiche, la sublime Claudia Cardinale revient sur sa terre tunisienne adorée, incarnant cette maman surprotectrice qui rêve d’une existence toute tracée pour son fils et reportant sur lui tout son amour de femme veuve. La transition entre le « choc » qu’elle subit en découvrant la nature de son enfant et l’acceptation assez rapide de la situation sonne un peu faux dans l’ensemble, mais le film veut avant tout se montrer « ouvert ». Antonin Stahly, venu du théâtre de Peter Brook, joue le héros principal dans ce qui reste jusqu’aujourdhui sons seul rôle au cinéma. Enfin, le beau Salim Kechiouche endosse le rôle de l’amant et accroche la caméra par sa présence animale. Même non dénué de défauts, Le Fil affiche un intéressant travail et une certaine sensibilité que Mehdi Ben Attia a confirmé ensuite avec L’Amour des Hommes.

ANNEE DE PRODUCTION 2010.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Premier long métrage imparfait et sensible sur la question de l'homosexualité en Tunisie. La romance prend ensuite toute la place. Claudia Cardinale et le sexy Salim Kechiouche se démarquent.

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