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LE GOUT DE LA CERISE

M.Badii, un homme d’une cinquantaine d’années, cherche quelqu’un qui aurait besoin d’argent pour effectuer une mission assez spéciale. Au cours de sa quête, il rencontre dans la banlieue de Téhéran un soldat, un étudiant en théologie et un gardien de musée, vivant à la limite de la marginalité. Chacun va réagir à sa proposition de façon différente.

Une voiture sillonne une ville sèche, un quasi désert ocre situé non loin de Téhéran et à son bord, un homme mystérieux aux intentions non définies aborde des hommes presque au hasard, les questionne un long moment avant de leur faire une demande tout à fait inattendue. Ce pitch bien singulier sert d’intrigue à ce long métrage de l’iranien Abbas Kiarostami, austère en apparence, interroge l’humain et par le biais de rencontres fortuites, le personnage principal va soit redoubler d’incompréhension et ressentir un profond sentiment d’échec, soit envisager son avenir avec un autre regard. Avec une mise en scène réfléchie et proche du documentaire, Kiarostami fait preuve de distanciation, observe plus qu’il n’explique, chamboule les certitudes et aborde en creux un sujet délicat (le suicide) considéré en Iran comme l’un des plus graves pêchés. Le film pose la question de la liberté individuelle face aux contraintes sociales et dans un pays muselé par la dictature, cet acte de filmer devient aussi nécessaire que courageux. Autant les deux premiers passagers (le soldat et le séminariste) se montrent incapables de réagir positivement à la requête de M. Badii, autant le troisième, un vieux taxidermiste moustachu, inverse le rapport de force et se met à diriger la conversation pour comprendre l’origine de son désespoir. A partir de là, Le Goût de la Cerise délivre un discours aussi bien poétique que philosophique.

Tout premier rôle à l’écran pour Homayoun Ershadi que l’on retrouvera ensuite dans Agora ou Zero Dark Thirty , au milieu d’acteurs non professionnels et tous aussi convaincants par leur naturel confondant. Le final, encore plus déconcertant, n’apporte pas de réponses toutes faites et Kiarostami achève ce conte persan par l’incursion d’images issues du tournage lui même, comme pour rappeler le fossé qui sépare la fiction du réel. L’émotion ténue qui se dégage de l’ensemble et l’originalité de la proposition cinématographique ont permis au réalisateur de Close Up de décrocher le prix suprême: la Palme d’Or à Cannes, ex aequo avec L’Anguille de Imamura, autre oeuvre insaisissable.

ANNEE DE PRODUCTION 1997.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

L'iranien Kiarostami élabore un conte philosophique émouvant (bien que parfois déroutant) et décroche à cette occasion la Palme d'Or à Cannes. Du cinéma assez aride mais plein d'humanité.

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