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LE GRAND COUTEAU

Rien ne va plus pour Charlie Castle, un acteur à l’énorme succès d’Hollywood. Tandis que sa femme, Marion, est sur le point de le quitter, il doit affronter son patron de studio qui veut à tout prix l’obliger à signer un nouveau contrat le liant pour sept ans…

Les films sur le milieu cruel et impitoyable d’Hollywood ont souvent donné des pépites comme La Comtesse aux pieds nus, Les Ensorcelés ou Sunset Boulevard bien sûr, mais c’est en adaptant une pièce de théâtre de Clifford Oddets que le réalisateur Robert Aldrich va signer un des meilleurs réquisitoires en règle contre l’usine à rêves. Le Grand Couteau est une plongée au coeur des ténèbres, une charge féroce contre un système magistralement écrite et suivant le destin d’un acteur en plein martyre: lâché par sa femme, il est incapable de refuser à son patron le contrat qui va encore le « ligoter », l’empêcher surtout de développer ses vraies ambitions de comédiens et lui ôter tout courage. Aldrich filme son personnage comme un lion en cage dans le huis clos asphyxiant d’une maison luxueuse de Bel Air, où les passions s’échauffent, les langues se délient et où la veulerie l’emporte sur tout autre sentiment. La fatalité pèse sur le récit comme une chappe de plomb et Aldrich ne cherche nullement à « aérer » la pièce de théâtre originelle pour en faire un film dramatique très fort. Cette satire diabolique où tous les coups sont permis montre (certes avec sans doute un peu d’exagération) les méthodes des grands producteurs pour « forcer » les stars à rester sous leur contrôle, entre chantages, intimidations et surtout harcèlement moral. On se croirait par moments au milieu d’un ring de boxe où chacun doit frapper le plus fort possible pour mettre son adversaire à terre.

Pour une rare fois employé dans un rôle d’homme « faible » et victime, Jack Palance est prodigieux, trouvant là un des personnages les plus complexes de sa carrière, inspiré d’un acteur hélas mort trop jeune, John Garfield, broyé par Hollywood pour ses sympathies communistes « impardonnables ». Rod Steiger campe l’horrible producteur, teint en blond, lunettes noires vissées sur le nez, éructant et prêt à tous les coups bas pour détruire son interlocuteur: il cabotine presque, mais sa prestation fait froid dans le dos. Les autres (Ida Lupino, Shelley Winters, Jean Hagen et Wendell Corey) portent bravement le casting à son zénith. Dur, noir et d’un pessimisme inhabituel pour un film américain, Le Grand Couteau  laisse un goût amer dans la bouche et une trace indélébile dans les mémoires.

ANNEE DE PRODUCTION 1955.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une satire terrible du monde du cinéma par Aldrich qui adapte brillamment Oddets. Jack Palance dans son meilleur rôle. Un grand film.

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