Charlot recueille, malgré lui, un bébé abandonné par sa mère. Cinq ans plus tard, le petit garçon et le vagabond font équipe pour gagner leur vie et leur pain quotidien. Mais le jour où l’enfant tombe malade, les services sociaux tentent de les séparer…
Après des années de création et de courts métrages chez Mack Sennett puis à la Keystone, Charlie Chaplin entreprend la réalisation de son « premier gros film », un moyen métrage de 50 minutes appelé The Kid. Sans se douter que ce bijou allait le faire définitivement rentrer dans la légende. Avec son récit tout simple (un vagabond éduque un enfant trouvé tout bébé dans la rue), Chaplin construit non seulement les bases de son oeuvre à venir, entre rires et larmes, gags innombrables et émotions, mais raconte également d’une certaine manière sa propre enfance dans les quartiers miséreux d’un Londres un peu sinistre. Avec un admirable sens du rythme, The Kid émeut bien sûr par le rapport père adoptif/enfant abandonné, décrit avec un minimum d’effets et un maximum d’efficacité, par la cascade de rires qu’il occasionne (la poursuite avec le policeman, la bagarre avec le colosse, la séquence du dortoir, etc…) et étreint le coeur par les sentiments déchirants qu’il met en scène lors de la séparation de Charlot et de son petit protégé. Sous la forme d’un mélodrame intimiste, The Kid condense bien des thèmes chers à Chaplin (l’amour, la misère sociale, l’abandon, le courage) et les rends universels par son traitement puissant.
Outre le numéro toujours irrésistible de Charlot et sa silhouette reconnaissable entre mille avec sa canne, son chapeau melon et son pantalon trop grand, le film a connu un succès monumental aussi par la présence d’un jeune garçon acteur Jackie Coogan, dont la bouille adorable fut le gros coup de coeur d’un public tout à la fois attendri et profondément ému par ses péripéties. Au temps du muet, les images avaient encore plus d’impact et la limpidité et l’évidence avec laquelle l’auteur du futur Dictateur mène son récit ferait pâlir aujourd’hui des centaines de prétendus scénaristes. Pas de gras ou presque, peut être une fin un brin abrupte, mais l’ensemble du métrage procure un plaisir renouvelé de générations en générations.
ANNEE DE PRODUCTION 1921



