Dans la campagne anglaise, un policier poursuit deux jeunes hippies, qu’il soupçonne de pénétrer dans les maisons et d’y massacrer les habitants. L’homme de loi ignore que les véritables coupables sont des zombies affamés, réveillés par des radiations….
Six ans après le choc de La Nuit des Morts Vivants de Romero, véritable tournant dans le cinéma d’épouvante, c’est jusqu’en Espagne que l’influence s’est fait ressentir avec ce film étonnant de zombies, réalisé par l’ibérique Jorge Grau. Coproduction italo espagnole, censée se dérouler dans les landes britanniques, Le Massacre des Morts Vivants n’est pas une vulgaire copie du chef d’oeuvre de Romero, il s’en sert intelligemment et surtout propose une lecture un peu différente avec un sous texte cette fois plutôt orienté vers l’écologie (l’histoire de ces pesticides destinés à éradiquer les insectes nuisibles utilisés dans des machines renvoyant des radiations et réveillant les morts soulève des questions d’ordre environnementales). Grau sait se servir de sa caméra, il installe bon an mal an une atmosphère inquiétante, jouant beaucoup sur le hors champ, soigne son esthétique (certes daté années 70 mais pas vilaine au final), et quand il verse dans le gore, le sang gicle généreusement et les corps sont joyeusement sacrifiés et mutilés. Le rythme narratif choisit l’axe d’une certaine lenteur, ne se privant pas des clins d’oeil au gothique, cultivant une approche dévitalisée de ce microcosme campagnard (le commissaire est un fasciste définitif, les habitants s’ignorent, l’ennui et la désolation règnent en maitre). Entre les productions de la Hammer et le style Lucio Fulci, cet opus de zombies ne lorgne finalement pas trop vers le côté américain de Romero, il a plutôt une facture franchement européenne.
Les acteurs (Ray Lovelock, Christine Galbo et le plus connu Arthur Kennedy) ne sont pas les meilleurs de leur génération, mais niveau jeu, ils seraient au dessus de la mêlée en comparaison d’autres films d’horreurs du même type à cette époque là. Le Massacre des Morts Vivants ne prétend pas renouveler le genre, mais au bout du compte il reste antérieur à des classiques comme Zombie, L’au Delà, L’enfer des zombies et défend tout à fait honorablement son propos, allant même jusqu’à refuser la surenchère dans le nombre de zombies filmés, ils ne sont ici qu’une dizaine à peine et arrivent très bien à créer l’effroi recherché. Quant aux effets visuels, ils furent récompensés au festival de Sitgès pour leur efficacité et réalisme. Recommandable donc pour ceux qui aiment flipper et ne sont pas dégoûtés devant des tripes à l’air!
ANNEE DE PRODUCTION 1974.



