LE PARRAIN

En 1946, à New York. Les Corleone sont une des 5 familles de la mafia. Don Vito, le « parrain », marie sa fille à un bookmaker. Solozzo, parrain de la famille rivale Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui ci refuse. Sonny, un des fils Corleone, y est quant à lui favorable. Afin de traiter avec Sonny, Solozzo tente de faire assassiner Don Vito, mais ce dernier en réchappe miraculeusement…

En adaptant à l’écran le best seller de Mario Puzo, Francis Ford Coppola, jeune cinéaste du Nouvel Hollywood alors âgé de 39 ans, allait rentrer définitivement dans la cour des grands pour de multiples raisons. D’abord, son film ne se borne pas à n’être qu’un récit de gangsters de plus, mais ambitionne de se lire comme une véritable tragédie familiale par l’ampleur de son scénario, le dosage de ses effets. Ensuite, par l’efficacité redoutable d’une mise en scène toujours en place, alignant les plans d’anthologie, la fluidité des mouvements d’appareil et en rendant cette épopée du crime totalement prenante, jamais ennuyeuse malgré sa durée imposante de près de trois heures. Coppola s’est entouré des meilleurs pour donner vie à cette saga sur la Mafia, le code d’honneur des truands, au risque parfois d’en faire des modèles ou des héros. A la photographie, Gordon Willis excelle aussi bien dans les sombres décors intérieurs que dans les extérieurs new yorkais et siciliens pour la partie tournée en Italie. A la musique, Nino Rotta a composé le thème ultra connu de Parle plus bas immédiatement reconnaissable. Le Parrain aligne enfin des séquences inoubliables comme la tête de cheval décapitée dans le lit, le massacre de Sonny (rappelant l’exécution de Bonnie and Clyde de Penn), la double tuerie dans le restaurant, ou encore la noce dans le jardin ensoleillé ouvrant le film. Coppola franchit un cap encore inédit dans la représentation de la violence au cinéma, même si l’a précédé Sam Peckinpah notamment: les meurtres sanglants en série restent le marqueur indélébile de ce premier volet qui sera suivi par deux autres chapitres, plus « psychologiques ».

Le retour en grandes pompes de Marlon Brando, en disgrâce depuis plusieurs années, hisse le film à un niveau supérieur: en parrain de la pègre au charisme fou, il éclipse quasiment tous ses partenaires, alors qu’il n’est finalement pas celui qui a le plus de temps de présence. C’est le petit nouveau, Al Pacino, en héritier encore plus impitoyable, qui se démarque nettement par son jeu intense, sans outrances, lui ouvrant la voie d’une des carrières les plus enviables de tout le cinéma américain. Ne pas oublier les autres (Diane Keaton, John Cazale, Robert Duvall et un fougueux James Caan) pour compléter un tableau déjà bien garni. Pour plusieurs générations de cinéphiles, cet opéra noir majeur, que l’on peut taxer sans exagérer de chef d’oeuvre, représente comme nul autre les liens familiaux baignant dans la vengeance et échappe à l’usure du temps.

ANNEE DE PRODUCTION 1972.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du cinéma américain comme on en fait plus: réalisation d'enfer de Coppola, récit sans temps morts, violence frontale. Et une distribution cinq étoiles: Brando, Pacino, Duvall, Keaton. 3 Oscars en bout de course.

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