François Pignon est comptable depuis vingt ans dans une grosse entreprise fabriquant des préservatifs. Employé discret, il apprend qu’il va être bientôt licencié. Séparé de sa femme, méprisé par son fils, il plonge dans la dépression. Avec son voisin de palier, ils font courir le bruit que François est homosexuel par le biais de photos truquées. La direction décide alors de le garder pour des raisons politiquement correctes…mais la rumeur va être tenace!
Après avoir fustigé la connerie et son champ illimité (même chez ceux qui croient en être prémunis) avec Le Diner de Cons, le scénariste réalisateur Francis Veber s’attaque au règne du politiquement correct avec Le Placard. Soit un homme terne (nommé une fois de plus Pignon) se faisant passer pour homosexuel dans son entreprise afin d’éviter un licenciement abusif et entrainant toute une série de quiproquos que l’on imagine aisément! Veber s’amuse à détourner les clichés autour de la question gay, tout en s’en servant aussi, ce qui est périlleux car le résultat pourrait se retourner contre lui (se moquer des lourdauds homophobes est une noble cause, à condition de le faire avec finesse!) et son film, pavé de ses bonnes intentions, tient du numéro d’équilibriste. Parce que sa mise en scène simplement « décorative » tourne à vide et n’est là que pour mettre en valeur le scénario. On connait le talent affirmé et indéniable de Veber pour les dialogues, les scripts bien troussés et un comique huilé aux bons mots et aux réparties cinglantes. Le Placard ne fait pas exception et en effet, l’écriture se révèle le meilleur atout de l’ensemble: on y rit assez souvent, ce qui est bien le but recherché de ce type de films. Chaque personnage en prend pour son grade finalement et pas seulement le « pauvre » Pignon que tout le monde voit comme un looser irrécupérable, de ce point de vue Veber a réussi à pointer les mesquineries et l’étroitesse d’esprit d’à peu près tous ses protagonistes.
Pour assurer un succès au box office d’une comédie de boulevard, la distribution demeure un élément crucial et Veber a su s’entourer des meilleurs dans cette catégorie. Il emploie Daniel Auteuil en comptable introverti dépassé par le nouveau regard que l’on porte sur lui et offre à Gérard Depardieu le rôle du collègue brut de décoffrage ouvertement anti gay. Un choix de casting pensé comme une évidence. La ribambelle de seconds et bons rôles ajoute du tonus: Thierry Lhermitte, Michèle Laroque et Alexandra Vandernoot pour la caution charme, Jean Rochefort en directeur d’usine ou bien Michel Aumont, excellent, en voisin véritablement homosexuel et souffrant de solitude (ah là aussi on frise le cliché!). En somme, chacun pourra trouver dans ce placard de quoi se « vêtir » à son goût!
ANNEE DE PRODUCTION 2001.



