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LE ROI DE L’EVASION

Armand, un vendeur de machinerie agricole habitant à Albi, s’ennuie un peu dans sa vie d’homosexuel célibataire. Lorsqu’il sauve la jeune Curly, 16 ans, d’un faux pas, il tombe amoureux d’elle et elle, de lui. Leur union, réprimée par tous les membres de leur entourage, les force à s’enfuir…

Décidément le cinéma d’Alain Guiraudie ne répond à aucune norme, ne cède à aucun principe préétabli et il l’a confirmé haut la main avec ses dernières oeuvres comme Viens je t’emmène ou Miséricorde. Avant la noirceur paradoxalement solaire de L’Inconnu du Lac, le cinéaste aveyronnais avait très agréablement surpris avec cette comédie ludique et décalée traitant de la crise de la quarantaine d’un homme se posant des questions sur sa vie et son avenir. Et forcément sur ses désirs. Ainsi, le héros, Armand, gay corpulent, s’interroge sur son envie de sortir des sentiers battus et songe à une relation hétérosexuelle (non pas pour bêtement « rentrer dans le rang », plus pour découvrir une nouvelle facette de l’existence). Le Roi de l’Evasion étonne par sa liberté de ton, son humour caustique, sa façon de parler d’amour libre, d’homosexualité décomplexée, et aussi beaucoup de sexe. Le couple inattendu du film qu’Armand forme avec la jeune Curly défie toute logique, brave le danger et l’interdit et court à travers champs comme pour s’affranchir des carcans sociaux. Guiraudie retrouve un naturalisme rafraichissant, une ruralité peu montrée au cinéma (en tout cas de cette manière là) et filme autant la sensualité que les rapports tout simples entre gens de la campagne (apéro, bonne bouffe, amitié). Il prouve aussi que tous les types physiques ont droit de connaitre la jouissance et le plaisir (gros, vieux, moches, etc…), rendant même les flics et notamment le commissaire moins « bourrin » qu’à l’accoutumée.

En homosexuel courant aussi vite que Forrest Gump à travers bois, Ludovic Berthillot amuse, émeut, et forme avec Hafsia Herzi, découverte deux ans plus tôt dans La Graine et le Mulet, un tandem aussi improbable que réussi. La majorité des seconds rôles, truculents, sont tenus par des comédiens attachants (Pierre Laur, Luc Palun, Pascal Aubert, François Clavier) et Guiraudie leur a écrit des partitions originales déclenchant des rires fréquents. Assumant sans problèmes un côté foutraque, cette échappée belle (en slibard bien souvent!) avance sans jugement, prône la tolérance totale envers tous, dédramatise la notion de marginalité. On ne peut qu’avoir envie de s’évader à notre tour!

ANNEE DE PRODUCTION 2009.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un peu bordélique dans son script, cette comédie libre comme l'air fait souvent sourire, amuse et déconcerte. Guiraudie fait un cinéma à part et on aime ça! Hafsia Herzi entourée d'un casting masculin très convaincant.

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