Monsieur tout le monde pour beaucoup, Louis est en réalité un dangereux gangster. Son frère Pierre, également truand, surprend les préparatifs d’un prochain coup. Louis est arrêté, et son associé Pépito, pense que c’est Pierre qui a trahi la bande…
Après La Vierge du Rhin (loupé) et Le Sang à la tête (joli coup!), le réalisateur français Gilles Grangier retrouve son acteur de prédilection Jean Gabin. Et adapte un roman de la série noire pour ressusciter l’esprit du film de gangsters remis au goût du jour par l’énorme succès de Touchez pas au Grisbi. Le Rouge est Mis ne se démarque pas par l’originalité de son scénario qui conte les affaires louches d’une bande de truands et de leurs règlements de comptes, Grangier possédant un certain savoir faire, il se rattrape sur sa mise en scène, nerveuse et sans faute de rythme. Ce petit polar correctement troussé vaut sûrement pour son aspect sombre et son final d’une violence assez inhabituelle pour l’époque. Grangier colle bien au livre d’Auguste le Breton, aidé par Michel Audiard dont on reconnait déjà le style à travers des dialogues sur mesure. La bonne idée fut également de confier des rôles de « bad guys » à des vedettes plutôt que de les cantonner dans les emplois de gentil ou d’hommes de loi.
Ainsi donc, Jean Gabin rempile dans le registre du gangster un peu vieillissant (mais malgré tout encore en forme), droit dans ses bottes, inflexible devant la police lors d’un interrogatoire musclé, colérique devant son jeune frère campé par Marcel Bozzuffi. Et complice avec son partenaire de jeu, Lino Ventura, terrifiant en homme de main à la gâchette très facile. L’union des deux comédiens se confirme comme une des plus explosives du cinéma français et de ce genre en particulier. Enfin, dans un rôle périphérique non dénué d’intérêt, le plaisir d’apprécier la présence d’Annie Girardot dans un de ses premiers films laisse entrevoir la grande comédienne qu’elle deviendra par la suite. Si ce policier de bonne facture ne se hisse pas au top niveau, il demeure un plaisant divertissement à se mettre sous la dent.
ANNEE DE PRODUCTION 1957.



