A a fin du XVIè siècle, Sir Walter Raleigh rêve de diriger une expédition vers le Nouveau Monde. Pour arriver à ses fins, il joue de ses charmes et parvient à se faire introduire à la cour de la Reine Elizabeth 1er. Très vite, la souveraine s’attache au fougueux explorateur…
Le Seigneur de l’Aventure relate les efforts de Walter Raleigh, courageux explorateur, pour convaincre la Reine d’Angleterre de financer son projet d’explorer le Nouveau Monde, tout autant que l’amour non partagé de la régente pour lui et la jalousie qu’elle va ressentir quand il tombe amoureux d’une dame de la Cour et l’épouse en secret. Réalisateur américain oublié aujourd’hui, auteur de la comédie Harvey et d’un de segments de La Sarabande des Pantins, Henry Koster est aux commandes de ce drame historique au scénario terne, aux dialogues pompeux et à l’intrigue franchement peu attirante. On peut certes se consoler avec les costumes d’époque (joliment mis en valeur) sans trouver ailleurs matière à se réjouir ou à s’exalter. En effet, la réalisation pataude de Koster ne rend pas service à un traitement déjà empoisonné par un bavardage intempestif et un aspect théâtral bien poussiéreux. Les intrigues amoureuses entre Raleigh, sa dulcinée Beth et la Reine nous passent carrément au dessus du ciboulot et même les images en Technicolor flamboyant n’impriment guère nos rétines. Le salut vient presque de la distribution et encore, sans grand enthousiasme!
Richard Todd, plus connu pour avoir été l’un des nombreux maris d’Elisabeth Taylor que pour ses talents d’acteur, campe le rôle masculin principal sans faire d’étincelles particulières. La toute jeune Joan Collins interprète la dame de compagnie amoureuse du héros et ne comble pas non plus nos attentes. Il faut surtout compter sur Bette Davis, incarnant pour la deuxième fois la Reine Elisabeth d’Angleterre, seize ans après le film de Curtiz (bien meilleur), de nouveau crâne rasé, maquillage très prononcé, pour donner un peu de substance à cette oeuvre compassée et faiblarde. Son dynamisme évite à ce Seigneur de l’Aventure de sombrer dans l’insignifiance la plus totale.
ANNEE DE PRODUCTION 1955.



