LE TAMBOUR

Danzig, 1924. Le petit Oscar, enfant surdoué, voit le jour. A sa naissance, il trouve deux pères possibles: l’un Alfred, allemand et époux légitime de sa mère, l’autre, Jan, un polonais, amant de celle ci. Ne voulant pas accéder au monde des adultes qui le répugne, Oscar décide de mettre fin à sa croissance dès 3 ans en se jetant dans un escalier. Muni ensuite d’un tambour qui ne le quitte jamais, il observe le monde autour de lui, les mouvements politiques et bientôt l’arrivée d’Hitler…

Après Musil, Kleist et Yourcenar, l’allemand Volker Schlondorff confirme son goût pour les adaptations littéraires corsées et s’empare du Tambour de Gunther Grass. L’écrivain accepte de collaborer au scénario avec Jean Claude Carrière. L’histoire de ce gamin refusant de grandir et brisant le verre par la seule force de son cri strident se présente comme une allégorie racontée du point de vue de l’enfant lui même , commentant et scrutant sa famille prise dans les tourments de l’Histoire et de la montée du nazisme. Pendant que ses proches adhérent aux idées du national socialisme, le gamin devient à la longue un phénomène de foire, comme l’illustration de l’absence de conscience morale chez les partisans d’Hitler. Constamment provocateur, parfois drôle, le film désarçonne et fascine par sa succession de séquences à la fois « oniriques » et bien réelles: des anguilles se glissent hors de la tête tranchée d’un cheval, un numéro de cirque  avec des nains se transforme en clou de la vie parisienne nocturne et surtout un rassemblement nazi devient le « Beau Danube Bleu » avec une  ironie mordante et terrifiante. Schlondorff dénonce bien sûr l’aveuglement d’un peuple face à l’embrigadement dans cette fresque historique sur les lâchetés des adultes, aux allures de conte fantastique décapant.

Agé de seulement 12 ans, David Bennent (fils de l’acteur Heinz Bennent) porte ce rôle d’enfant restant perpétuellement « petit », magnétique avec ses yeux bleus perçants, il accroche la caméra avec une force peu commune. La distribution inclut Mario Adorf, Angela Winkler, et dans des participations remarquées, Andréa Ferréol et Charles Aznavour en vendeur de jouets juif. Le Tambour a la capacité rare de traduire le réel (les ravages du nazisme) et l’irréel (ce môme atypique décidé à ne plus grandir) et Schlondorff a su mettre en images le destin d’Oscar sans trahir la pensée de Grass. Le film créa une onde de choc à sa sortie, remporta la Palme d’Or à Cannes ex aequo avec Apocalypse Now de Coppola. Et n’a rien perdu de son originalité presque cinquante ans après!

ANNEE DE PRODUCTION 1979.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un film très fort sur la montée du nazisme, adapté du roman foisonnant de Grass. Schlondorff maitrise aussi bien sa caméra que son récit, étonnant et prenant de bout en bout. David Bennent inoubliable en enfant observant les adultes et leur monde pourri. Palme d'or 79.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Un film très fort sur la montée du nazisme, adapté du roman foisonnant de Grass. Schlondorff maitrise aussi bien sa caméra que son récit, étonnant et prenant de bout en bout. David Bennent inoubliable en enfant observant les adultes et leur monde pourri. Palme d'or 79. LE TAMBOUR