L’EAU FROIDE

1972, près de Paris, Christine et Gilles sont élèves dans la même classe et ont tous deux des rapports très compliqués avec leurs parents. Ils sont très souvent livrés à eux mêmes et connaissent une adolescence chaotique. Christine voudrait se laisser aller à aimer Gilles mais se rend bien compte qu’il est aussi « déstructuré » qu’elle. Placée dans une institution psychiatrique, elle parvient à s’en échapper et propose alors à Gilles de fuir en Lozère…

Dans le cadre de la série TV Tous les garçons et les filles, plusieurs cinéastes avaient été contactés pour réaliser chacun un épisode, dont Olivier Assayas, récemment sorti de son succès de L’Enfant de l’Hiver. Finalement son segment devient un long métrage pour le cinéma et s’intitule L’Eau Froide. Analyse âpre et sans concessions d’une jeunesse en perte de repères et en rupture avec les liens familiaux, le film se déroule au début de la décennie 70, à une époque où les adolescents reviennent un peu du revigorant mouvement de mai 68 pour glisser dans une certaine sinistrose, un manque de but les laissant souvent sur le bas côté de la route. Les deux jeunes protagonistes sont des êtres perdus, sans modèle ni perspective d’avenir: Assayas capte leur détresse, leur sentiment d’abandon dans une société de plus en plus dure, lâchés par des parents démissionnaires ou désemparés. Cette histoire de fugue, filmée au plus près, ne s’embarrasse pas des conventions traditionnelles du récit, prend son temps, ne s’attache qu’à rendre le plus authentique possible cette chronique adolescente tourmentée. La musique américaine incluse dans les séquences passe de Janis Joplin à Alice Cooper, sans oublier Creedence Clearwater Revival, notamment dans un long plan séquence de feu de joie, comme un symbole trompeur d’une liberté illusoire.

Assayas avait lancé un casting « sauvage » dans les lycées pour dégoter son couple et souhaitait des comédiens non confirmés. Ce fut effectivement le cas pour Cyprien Fouquet, au naturel désarmant, qu’hélas on reverra très peu par la suite. Quant à son héroïne, elle est campée par Virginie Ledoyen, âgée de 16 ans et qui avait eu juste quelques participations auparavant. Totalement à l’aise dans la peau de cette adolescente rongée par le mal être, l’actrice trouve là un de ses plus beaux rôles, dirigée avec précision par Assayas qu’elle retrouvera quatre ans plus tard sur Fin Août Début Septembre. Saisissant les regards et les états d’âmes avec acuité, L’Eau Froide traduit assez bien la révolte d’une jeunesse désenchantée, faisant finalement écho à celle d’aujourd’hui de manière intemporelle.

ANNEE DE PRODUCTION 1994.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une approche naturaliste très aiguisée de la part d'Assayas et sa description de la jeunesse des seventies touche par sa véracité. Virginie Ledoyen convaincante dans la force de son jeune âge.

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