LES DAMNES

En 1933, les membres de la puissante famille industrielle Von Essenbeck dont la fortune repose sur les aciéries, sont réunis autour du Baron Joachim. Au diner, participent également le directeur des usines, Frederick Brackman, que soutient le baron au détriment de Thalman, un libéral hostile à Hitler. Le repas est interrompu par l’annonce de l’incendie du Reichstag. Dans la nuit, le baron est assassiné et Thalman, accusé, doit s’enfuir. Par la suite, lors de la Nuit des Longs Couteaux, les SS suppriment les SA…

Dans cette histoire démentielle d’une famille plus que dysfonctionnelle, on trouve un jeune homme dominé par une mère castratrice et hanté par des désirs incestueux, une femme ambitieuse et calculatrice et son amant meurtrier, un SS fanatique: l’orgueil de ces personnages ambigus et névrosés vont s’entrechoquer et s’opposer dans cette fresque historique signée Luchino Visconti. Il y décrit l’avènement d’Hitler en tant que chancelier d’une Allemagne en pleine déliquescence, la montée du nazisme, et du même coup l’implosion de cette famille d’industriels dans une descente aux enfers terrifiante. Visconti, toujours aussi maitre de sa caméra et de sa narration (exigeante, brillante dans ses dialogues comme dans son traitement), employant tout son amour pour la théâtralité qu’il met ici en valeur avec une majorité de séquences tournées dans des décors baroques étouffants. Il dirige ce ballet mortuaire où tout le monde se manipule allégrement et sans scrupules, liens du sang ou pas, et divise son film en trois parties clairement « séparées »: la première se déroule au château familial posant les bases des caractères de chacun, la seconde tourne autour de l’hallucinante orgie nazie homosexuelle se terminant en bain de sang (fascinante Nuit des Longs Couteaux en guise de climax violent) et enfin dans un troisième temps, l’auteur du Guépard revient au centre des rapports familiaux dégénérant vers la folie et la mort.

Soutenu par une distribution de très grande classe comprenant Dirk Bogarde, Helmut Griem, Helmut Berger ( fascinant), la troublante Ingrid Thulin, Umberto Orsini et une jeune débutante nommée Charlotte Rampling, Les Damnés est une oeuvre riche, complexe, pas facilement abordable, et surtout d’un pessimisme absolu sur la nature humaine. Elle annonce également la vision tout aussi cauchemardesque de Pasolini sur Salo et dans une moindre mesure a ouvert la voie à des films comme Portier de Nuit de Cavani par son ambiance malsaine, provocatrice ancrée dans une période nauséabonde de l’Histoire. Un cinéma certes assez cérébral qui nous oblige à regarder les monstres en face!

ANNEE DE PRODUCTION 1969.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du très haut niveau pour ce Visconti malsain, brillant, maitrisé dans ses moindres aspects. Distribution en or: Griem, Bogarde, Thulin et Helmut Berger aussi beau qu'inquiétant. Du lourd!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Du très haut niveau pour ce Visconti malsain, brillant, maitrisé dans ses moindres aspects. Distribution en or: Griem, Bogarde, Thulin et Helmut Berger aussi beau qu'inquiétant. Du lourd! LES DAMNES