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LES DISPARUS DE SAINT AGIL

La nuit, au pensionnat de Saint Agil, des choses étranges se passent. Un groupe d’élèves prépare en secret leur départ en Amérique, sous le nom curieux de l’organisation Chiche Capon. C’est peu après que de mystérieuses disparitions surviennent, d’abord un enfant, puis un autre…tandis qu’un homme inconnu rôde la nuit dans l’établissement.

Partant d’un roman de Pierre Véry, le réalisateur français Christian- Jaque nous entraine dans l’atmosphère pesante d’un pensionnat de jeunes garçons où il se passe de bien curieux événements. Entre les rapports tendus entre les professeurs, les secrets bien gardés des élèves, la sournoiserie du directeur et surtout les disparitions inexpliquées, le récit entretient un climat de suspicion constant, accentué par les inquiétudes liées à la guerre approchante. Comme dans le livre, Christian Jaque oppose le monde des adolescents à celui des adultes, laissant planer un intriguant parfum de thriller. Après un début assez longuet à se mettre en place, le scénario roule ensuite plus habilement, captant notre intérêt par la grâce des dialogues écrits par Jacques Prévert (incontournable dans le cinéma français de l’époque). Avec son noir et blanc crayeux et une mise en scène adroite, Christian Jaque parvient à créer un univers réellement stressant où les jeunes tentent d’échapper à leur réalité quotidienne en s’inventant des projets d’évasion. Seule la résolution survient de façon assez abrupte et constitue même une certaine déception par rapport à tout ce que l’on avait « imaginé » auparavant.

Les Disparus de Saint Agil reste incontestablement connu pour son casting et pour l’affrontement entre deux monstres sacrés: Michel Simon en professeur alcoolique livre un jeu étudié encore éloigné du registre qu’il avait utilisé chez Renoir face à Erich Von Stroheim, réalisateur maudit devenu acteur et que l’on retrouve la même année dans La Grande Illusion, campe ici un professeur d’anglais vu comme un étranger pas forcément bienvenu dans l’institution. Quant aux autres acteurs, il faut citer Robert Le Vigan trimballant sa silhouette étrange tel un croque mitaine effrayant ou encore le jeune Serge Grave, que l’on avait découvert en Sacha Guitry adolescent dans Le Roman d’Un tricheur. Le futur auteur de Goupi Mains Rouges et de l’Assassinat du Père Noêl propose un insolite jeu des apparences où il s’amuse à brouiller les pistes et à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Tout en collant bien au contexte politique du moment. Véry n’a pas été trahi.

ANNEE DE PRODUCTION 1938.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un intriguant policier situé dans un pensionnat de jeunes ados, soutenu par le réalisation inspirée de Christian Jaque, peu habitué à ce genre. Rencontre au sommet entre Michel Simon et Erich Von Stroheim; deux acteurs géniaux.

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