LES INVASIONS BARBARES

Rémy, divorcé, la cinquantaine, est hospitalisé pour un cancer grave. Son ex femme appelle d’urgence leu fils Sébastien, installé à Londres. Il ramène à son chevet la joyeuse bande d’amis qui ont rendu son père heureux, ainsi que deux de ses maitresses! Tous ensemble et pour contrer la mort, ils vont refaire le monde et ranimer leurs souvenirs…

Plus de 17 ans après Le Déclin de l’Empire Américain, le canadien Denys Arcand réunit de nouveau sa bande de comédiens pour une suite encore plus décalée, plus proche de la lucidité désespérée que du gros comique qui tâche et il le fait par le biais d’un scénario extrêmement écrit à coups de répliques mordantes, de dialogues imparables, de pensées sur l’existence, son but, sa finitude, ses merveilles aussi! Bourrée de mélancolie (mais ne tombant pas dans une tristesse déprimante), ces Invasions Barbares sont le bilan de vies de gauchistes plus tellement bercés d’illusions, ne croyant plus aux miracles politiques et revenus de tout ou presque! Le ton mi désabusé mi amusé qui parcourt le métrage est le fruit de réflexions sur des idéaux perdus, sur les regrets et les accomplissements du héros principal à l’hiver de sa vie, se préparant à une mort certaine et cultivant toujours une tendre amitié pour ceux qui l’entourent. A la sauce américaine, c’est le type de films larmoyants qui auraient sombré dans un insupportable mélo avec musique sirupeuse à l’appui, mais Arcand possède une sensibilité européenne et donc, son film reste pudique, drôle, lumineux malgré tout. Il y évoque non sans se cacher le recours à la drogue pour supporter la douleur et surtout à l’euthanasie active. Avec sa profusion de bavardages et d’échanges verbaux (heureusement inspirés), Les Invasions Barbares semble déplorer l’impérialisme américain et encore davantage le capitalisme galopant: Arcand le constate avec une amertume prononcée.

Toute sa troupe vient déposer la richesse d’un jeu étudié et qui, cependant, parait tout à fait naturel: Rémy Girard, Yves Jacques, Stéphane Rousseau, Dorothée Berryman, Marie José Croze et notre française Marina Hands. Dans une belle communion de talents, ils assurent au film une émotion déjà bien inscrite dans le déroulement inexorable du récit et une alternance astucieuse entre scènes de groupe et scènes à deux. Arcand a séduit Cannes (Prix du Scénario et prix d’interprétation pour Croze), l’Académie des Césars (un pour le film et un pour la réalisation) et enfin le très bel Oscar remporté dans la catégorie meilleur film en langue étrangère. Exagéré ? Non! c’est comme si la vie avait eu raison de la mort en quelque sorte!

ANNEE DE PRODUCTION 2003.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une ode à l'amitié, à la vie qui s'en va brillamment écrit par Denys Arcand et porté par sa troupe chorale très attachante. Bardée de prix et une vraie émotion à l'arrivée.

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