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LES SOEURS BRONTE

Dans l’Angleterre du XIXè siècle, les trois soeurs Bronté, Charlotte, Emily et Anne, vivent dans les landes du Yorkshire auprès de leur père et de leur frère Bramwell, peintre et écrivain au tempérament impétueux et passionné. Elles trompent leur isolement par l’écriture, discipline pour laquelle elles montrent de grandes dispositions…

Sous la houlette de Daniel Toscan du Plantier, alors dirigeant producteur de la Gaumont, le projet d’un biopic sur les Soeurs Bronté avait de quoi séduire les amateurs de littérature anglaise, les amoureux d’oeuvres romanesques d’envergure et attirer une large part du public avec la promesse de son casting irrécusable (Adjani, Huppert, Pisier). Mais le réalisateur choisi, André Téchiné, remarqué par son curieux Barocco, décida d’en faire un film tout différent des attentes. Avec une démarche assumée de stylisation, un refus de tout naturalisme et un penchant pour une imagerie un peu « figée », il élimine au passage toute dramatisation, tous les éléments qui constituent une superproduction « classique ». Son récit tourne en prime beaucoup plus autour du personnage du frère, Bramwell, artiste tourmenté et sombre au destin tragique et c’est d’ailleurs par lui que se révèlent les talents d’écrivain de ses soeurs, finalement tout le temps en retrait. Eloigné de tout conformisme, le film se pare dès lors d’un aspect très austère, accentué par une mise en scène d’une froideur imparable. Les décors naturels des landes de l’Angleterre, à la fois lunaires et lugubres, rentrent en concordance totale avec l’esprit embué de toute cette famille recluse et fermée sur elle même. Le film est d’ailleurs à leur image. Très belle photographie exécutée par Bruno Nuytten, multiples clairs obscurs, sentiment enveloppant de voir ces vies se déliter progressivement (la tuberculose tuera toute la fratrie ou presque).

Téchiné s’efforce de diriger ses comédiennes dans un sens précis: ne pas tomber dans la performance d’actrice à tout prix et au contraire jouer sur un mode « en dessous ». Du coup, Adjani, Huppert et Marie France Pisier adoptent un ton monocorde, des voix posées et « chuchotent » presque leurs dialogues. D’où une impression décevante de ne pas les voir dans leur pleine capacité. Le frère, incarné par Pascal Greggory (24 ans et premier grand rôle pour lui), occupe l’espace avec sa mine inquiète, sa passion amoureuse destructrice pour une femme mariée et sa déchéance mentale prématurée. Malgré son exigence artistique indiscutable, Les Soeurs Bronté ne convainc pas totalement, ni les critiques ni le public: sans doute faut il rappeler pour expliquer cet accueil mitigé que le montage final original durait 3H et que la Gaumont en retira plus d’une heure! Le déséquilibre ressenti vient sûrement beaucoup de cet état de fait.

ANNEE DE PRODUCTION 1979.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Au lieu de faire un biopic prestigieux, André Téchiné verse dans le drame intimiste et délaisse ses trois héroïnes pour privilégier le frère. Stylisation extrême d'où une froideur empêchant l'émotion d'effleurer. Le casting déçoit aussi malgré trois immenses actrices en tête d'affiche.

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Au lieu de faire un biopic prestigieux, André Téchiné verse dans le drame intimiste et délaisse ses trois héroïnes pour privilégier le frère. Stylisation extrême d'où une froideur empêchant l'émotion d'effleurer. Le casting déçoit aussi malgré trois immenses actrices en tête d'affiche. LES SOEURS BRONTE