De 1936 à 1981, quatre familles de nationalités différentes mais partageant une passion commune pour la musique, voient leurs destins marqués par la Seconde Guerre mondiale notamment…
Le cinéma de Claude Lelouch a peu évolué dans sa forme depuis Un Homme et une femme jusqu’à ses récents très mauvais films, si ce n’est sans doute à l’aube de la décennie 80 où il a testé le film « à grand spectacle » avec la fresque de trois heures Les Uns et les Autres. Mais, attention une fresque à la Lelouch, c’est beaucoup d’esbrouffe, quelques moments réussis et puis pas mal de « déchets' ». Les points positifs se trouvent surtout dans les mouvements de caméra, les travellings, l’ambition du sujet (traiter 50 ans d’Histoire française) et le défilé de vedettes (on y reviendra plus loin). La multitude de personnages, au lieu d enrichir l’histoire, la dessert car les destins croisés ont souvent des intrigues confuses, voire un traitement franchement bâclé. Gentiment naïve, la narration mélange les souffrances, les peines, les drames et les rêves comme dans un gros pavé littéraire, sauf que Lelouch a assez peu recours aux mots. Pourquoi ? Tout simplement parce que Les Uns et les Autres c’est 20% de dialogues à peine (parfois péniblement chuchotés), 40% de voix off commentant lourdement ce que les images nous montrent, et enfin 80% de musique !! Musique omniprésente jusqu’à la nausée, entre tubes populaires chantés par Nicole Croisille ou Ginette Garcin et surtout le boléro de Ravel débutant et clôturant le film. La bande son conduite par Francis Lai et Michel Legrand parvient à charmer nos oreilles pendant un moment, mais quand c’est trop, ça plombe inévitablement l’ensemble !
Pour rendre toute cette entreprise moins indigeste, Lelouch a engagé un casting phénoménal (de Nicole Garcia à James Caan, de Robert Hossein à Francis Huster, de Jacques Villeret à Evelyne Bouix, de Fanny Ardant à Richard Bohringer, etc etc , impossible de les citer tous!). Défilé de vedettes fort appréciable, même si pour la plupart elles sont mal employées ou sacrifiées sur l’autel du « spectacle » , comme si Lelouch se croyait à Broadway et mettait en scène un grand opéra lyrique. Le réalisateur sera plus inspiré pour Itinéraire d’un enfant gâté ou dans une moindre mesure Les Misérables, deux œuvres qui ont d’ailleurs bien mieux vieillies que ce film boursouflé et interminable.
ANNEE DE PRODUCTION 1981.



