L’HOMME DE SA VIE

Comme chaque été, Frédéric et sa femme Frédérique passent leurs vacances dans leur maison de la Drôme avec leur fils et une partie de la famille. Un soir, ils invitent à diner leur nouveau voisin, Hugo, un beau gosse qui affiche fièrement son homosexualité. Le diner fini, Hugo et Frédéric restent la nuit à discuter de la vie, l’amour, etc… Alors que leurs conceptions divergent assez radicalement, un lien très fort nait presque immédiatement entre les deux hommes…

Après son très joli Se Souvenir des belles choses, l’actrice réalisatrice Zabou Breitman repasse derrière la caméra avec cette comédie dramatique tournant autour du sentiment amoureux. L’amour entre deux hommes, un thème que le cinéma explore maintenant fréquemment avec souvent les mêmes procédés (la rencontre, la séduction, l’acte sexuel, les accords ou les désaccords). Le choix de Zabou est tout autre: elle préfère ne pas traiter frontalement du sujet et rester au niveau du trouble et du désir grandissant, celui qui ne franchit pas l’étape suivante. L’Homme de sa vie se présente donc davantage comme un film qui se « ressent », entre extrême délicatesse et retenue quasiment permanente: l’attirance que les deux personnages éprouvent n’ira pas jusqu’aux ébats, elle s’en tient à une peau que l’on frôle, des regards lourds de signification, des gestes équivoques mais toujours chastes. C’est un choix comme un autre, une démarche plutôt originale, tendant à montrer que l’amour, au fond, existe réellement et profondément y compris quand il n’aboutit pas à du concret. Zabou use hélas d’une mise en scène très maniérée, comme si elle optait pour un exercice de style avec ses nombreux ralentis, ses plans de nature frémissante censés symboliser la tension sexuelle, et en gros passe son temps à se regarder filmer. Cette fâcheuse tendance esthétisante nuit pas mal à son propos et nous éloigne de toute émotion tangible.

En épouse d’abord complaisante puis impuissante devant l’éloignement discret et pourtant réel de son mari, Léa Drucker n’écope pas d’un rôle évident à cerner, qu’elle incarne comme elle peut, pas encore tout à fait en place dans son jeu. Par contre, le duo masculin affiche une belle complicité entre Charles Berling et Bernard Campan. Si le premier sait tout jouer sans difficulté (et ici se régale dans ses longues répliques et monologues spirituels), le second surprend de nouveau en jouant ce mari troublé découvrant son attirance enfouie pour un homme et reste dans la lignée dramatique de Se souvenir des belles choses. Zabou a sans doute trop voulu s’écarter des traitements mille fois vus sur l’homosexualité (entreprise louable) et même si elle ne mérite pas trop de sévérité, il faut avouer que son second long métrage ne tient pas ses douces promesses.

ANNEE DE PRODUCTION 2006.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un amour qui ne dit pas son nom, comme un murmure persistant. Ce drame sentimental échoue à émouvoir par la faute d'une mise en scène bien trop démonstrative de Zabou. Dommage pour son tandem Berling/Campan à la sensibilité marquée.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Un amour qui ne dit pas son nom, comme un murmure persistant. Ce drame sentimental échoue à émouvoir par la faute d'une mise en scène bien trop démonstrative de Zabou. Dommage pour son tandem Berling/Campan à la sensibilité marquée. L'HOMME DE SA VIE