David Hockney, paléontologue distrait, fiancé à sa secrétaire Alice. A la veille de leur mariage, le scientifique est à la recherche d’une subvention qui sauverait son musée. Mais au cours d’une partie de golf, il croise la route de Susan Vance, une jeune héritière écervellée qui enchaine les catastrophes…
Il n’en faut pas moins qu’un couple tonique et à priori opposé, un léopard en fuite, un chien enterrant un os de brontosaure et surtout une tonne de quiproquos pour accoucher d’une des comédies américaines les plus hilarantes de l’histoire du cinéma! Cette combinaison fut atteinte par Howard Hawks dans cette oeuvre maitresse de la « screwball comedy » boudée à sa sortie par le public et ayant acquis avec le temps son statut de film culte! L’Impossible M.Bébé est un brillant mélange de dialogues affutés, de situations rocambolesques drôlissimes, d’humour féroce (plus féroce qu’un léopard en liberté en tout cas!), où le loufoque le plus débridé côtoie l’esprit le plus vif. Hawks enchaine les séquences à un rythme effréné, débordant d’idées, détournant les conventions en vigueur sur le sexe, l’amour et le mariage, et se dote même avec aplomb d’une héroïne « Miss Catastrophe » bien décidé à épouser celui qu’elle s’est choisi ( à une époque où c’est l’homme qui régente tout, plutôt audacieux d’afficher le « contraire »). Avec une logique implacable, les gags fusent à la vitesse de l’éclair et l’extravagance du récit aboutit à des quiproquos hallucinants! Près de quinze ans avant Les Hommes préfèrent les blondes, Hawks fait preuve d’un ton féministe inédit, rappelant combien l’homme n’est rien sans la femme, surtout quand elle met les pieds dans le plat et mène la ronde avec réjouissance.
Ce sommet comique n’aurait sans doute pas été possible sans le tandem Katharine Hepburn/Cary Grant. Elle, délicieusement indépendante et volontaire, au débit « mitraillette » parfait, lui, désopilant de second degré et dépassé par ce qui lui arrive, emporté dans un tourbillon irrésistible. Il faut le voir déambuler en robe de chambre à froufrous clamer qu’il est soudainement devenu « gai’ (comprenez gay!) pour se rendre compte qu’au delà de son charme dingue, il nourrissait un vrai tempérament d’acteur de comédie. La romance que l’on voit se dessiner entre eux au fil du film se conclut au sommet d’un immense squelette de brontosaure (fallait déjà imaginer un truc pareil!). Euphorisant et unique, ce mètre étalon du genre passe formidablement bien les années.
ANNEE DE PRODUCTION 1938.



