Dans les rues qu’on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d’une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l’aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille. Au point de donner libre cours à une pulsion trop longtemps réfrénée – celle qui le pousse à traquer pour tuer.
Etait il si indispensable de faire un remake du Maniac de William Lustig, sommet du glauque et du cinéma d’horreur des années 80? Alexandre Aja a sans doute pensé que oui et a produit cette relecture dont il confie la réalisation à un certain Franck Khalfoun. Si l’on y trouve des séquences de meurtres ultra sanglants à l’arme blanche commis par un serial Killer traumatisé par des rapports plus que dysfonctionnels avec feu sa mère, ce Maniac version 2012 se voit débarrassé de tout ce qui faisait précisément le génie de l’original. A savoir une ambiance véritablement glauque, une image granuleuse aux airs de faux reportage, un New York crasseux et totalement insécure transformé ici en ville certes inquiétante mais sans plus! Khlafoun reprend sinon peu ou prou les mêmes idées et son scénario n’invente rien de neuf, alignant le gore à gogo à défaut de savoir instiller un suspense bien ficelé. Néanmoins, on peut saluer l’utilisation de la caméra subjective assez ingénieusement employée et des plans plutôt astucieux comme ceux où le tueur croise son propre reflet dans les miroirs, les rétroviseurs et la lame de son couteau de boucher. Le film de Lustig ne versait pas dans la psychologie primaire, celui ci ne s’en préoccupe pas davantage, même si l’on comprend évidemment que le passé de l’assassin n’a pas dû être rose tous les jours!
Grosse différence aussi entre les deux acteurs incarnant ce psychopathe terrifiant: Joe Spinell avait clairement la « gueule de l’emploi » et faisait peur sans avoir besoin d’en rajouter, en comparaison le choix d’Elijah Wood va à l’opposé. Plutôt joli garçon, regard mi tendre mi angoissé, relativement fluet, il campe du coup un tueur plus inattendu et pas moins sauvage. Hormis donc quelques qualités, ce remake ne plaira qu’aux amateurs inconditionnels du genre, qui en auront pour leur compte d’hémoglobine. Avec en prime, un final copié collé au plan près à la conclusion de l’original et qui reste donc indépassable.
ANNEE DE PRODUCTION 2012.



