MATADOR

Diego Montez, un ex toréador, doit prendre une retraite prématurée suite à une blessure. Il nourrit une passion secrète pour des images de mort violente. Maria Cardenal, avocate en criminologie, aime tuer ses amants lors de leurs ébats amoureux. Diego crée une école de tauromachie dans lequel il enseigne son art. Angel, un de ses élèves, introverti et secret, se sent proche de lui et lui demande des conseils pour séduire les filles. Diego et Maria veulent s’unir pour réaliser leurs fantasmes les plus extrêmes…

Après des premiers films colorés et anti conventionnels, l’espagnol Pedro Almodovar tente une incursion dans le thriller dramatique avec Matador. Autour du rituel de la corrida, il élabore un récit assez délirant sur un toréador assassin amoureux d’une avocate femme fatale, leurs désirs de mort se mêlant à leurs désirs d’amour. Jamais comme ici l’auteur de Talons Aiguilles n’a aussi bien évoqué le concept d’Eros et Thanatos, le décrivant comme un fantasme dérangeant et dangereux, une passion destructrice sans retour. Totalement dans l’esprit de Bunuel, ce film provocateur s’amuse avec le « vraisemblable », tutoie le surréalisme, échappe à toute logique narrative et part dans un délire auquel on adhère ou pas. Matador navigue entre une intrigue policière et un drame psychologique plutôt bien mené par Almodovar qui ne manque ni d’idées ni de style (sa mise en scène n’en est pas encore à son meilleur, mais on sent qu’il expérimente des choses avec audace). Il s’éloigne des stéréotypes habituels et ose la radicalité de ses personnages: « aimer à en mourir » littéralement parlant devient ici concret et revêt une certaine beauté cinématographique.

Son casting se compose d’acteurs pas encore vedettes tels Antonio Banderas dans un second rôle troublant, Carmen Maura qu’il dirigera souvent, Chus Lampreave, une fidèle de son cinéma, tandis que le couple central est interprété par Nacho Martinez (qui sera aussi dans La Loi du Désir) et Assumpta Serna, une belle actrice espagnole qui n’aura pas une brillante carrière par la suite. Matador interroge nos tabous, ne craint pas la transgression, quitte à n’être réduit qu’à son seul statut de thriller érotique. Mais la cinéphilie évidente de son auteur, notamment dans une séquence située dans un cinéma où le couple d’amants « maudits » assiste à la projection du sublime Duel au Soleil (autre oeuvre incontournable autour de l’amour à mort) nous indique nettement le grand cinéaste qu’il s’apprête à devenir.

ANNEE DE PRODUCTION 1986.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une histoire délirante autour de l'amour à mort assez bien conduite par Almodovar et ses obsessions . Un évident hommage à Bunuel.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Une histoire délirante autour de l'amour à mort assez bien conduite par Almodovar et ses obsessions . Un évident hommage à Bunuel. MATADOR