Maxime Cherpray, parfaitement éduqué mais sans fortune, gagne sa vie en enseignant les bonnes manières. Un de ses élèves, Hubert, amoureux de la belle Jacqueline, une femme du monde, l’engage pour l’aider à la conquérir. Cependant Maxime tombe amoureux de Jacqueline et oublie sa mission.
Avant de devenir un des réalisateurs français les plus côtés dans le genre du polar, Henri Verneuil s’est fait la main dans le drame (Des gens sans importance) la comédie sous fond de guerre (La vache et le prisonnier)ou bien la comédie sentimentale aux forts accents théâtraux comme ce Maxime. Située au temps de la Belle Époque , juste quelques mois avant la première grande guerre, le script démarre sous les auspices d’un marivaudage élégant, spirituel et rondement mené. D’autant que les dialogues d’Henri Jeanson, vifs et piquants, sont un régal pour qui aime les mots d’auteur. Verneuil semble d’ailleurs un peu trop compter sur l’écriture et dédaigne sa mise en scène qui devient assez rapidement purement décorative. Ce cinéma de boulevard qui paraitra bien sûr très désuet aux nouvelles générations ne manque pas d’attrait: la reconstitution montre un Paris encore insouciant avant l’embrasement mondial, les personnages jouent à s’aimer, se séduire, certains en sortent gagnants, les autres moins chanceux, et surtout l’aspect théâtre filmé ne dérange pas trop étant donné que l’histoire, enlevée, suit agréablement son cours sans réelle baisse de rythme. Maxime offre en outre une occasion en or d’admirer une distribution haut de gamme.
En vieux beau désargenté tombant soudainement amoureux, Charles Boyer endosse le rôle titre, toujours impeccable dans chaque registre à défendre face à Michèle Morgan, belle comme tout, regard irrésistible à l’appui. C’est cependant Arletty, troisième nom célèbre, qui se démarque encore plus nettement en courtisane vieillissante épouse d’un général, parée de sa gouaille intacte et faisant vivre les répliques de Jeanson avec délice. Felix Marten, jeune séducteur riche qui vient brouiller les cartes, marque moins les esprits. Avec un texte que n’aurait pas désavoué Sacha Guitry lui même (avec ses nombreuses réflexions sur l’amour et ses tourments), Maxime détonne dans la filmographie de Verneuil et mérite en tout cas qu’on le réhabilite.
ANNEE DE PRODUCTION 1958.



