À la mort de son père, la vie heureuse et marginale de Grace Pudel, collectionneuse d’escargots et passionnée de lecture, vole en éclats. Arrachée à son frère jumeau Gilbert, elle atterrit dans une famille d’accueil à l’autre bout de l’Australie. Suspendue aux lettres de son frère, ignorée par ses tuteurs et harcelée par ses camarades de classe, Grace s’enfonce dans le désespoir. Jusqu’à la rencontre salvatrice avec Pinky, une octogénaire excentrique qui va lui apprendre à aimer la vie et à sortir de sa coquille…
Remarqué en 2009 avec Mary et Max, un premier long métrage, l’australien Adam Elliot fait son retour avec ces Mémoires d’un escargot , un nouveau film d’animation construit avec de la pâte à modeler et tourné en stop motion. Dans un style approchant de Wallace et Gromit, qui faisait la part belle à la fantaisie et à l’humour british, celui ci se situe davantage du côté de la fable grave pétrie d’humanité. Clairement pas destiné au tout jeune public, Mémoires d’un escargot fonctionne sur le procédé de la voix off de son héroïne, contant la relation fusionnelle avec son frère jumeau avant que la vie ne les sépare. Elliot ne craint pas d’alourdir son propos par une accumulation de pathos et de séquences tristes, sur un ton assez déprimant, simplement rehaussé par de discrètes touches d’humour désabusé. Le film peut parler à tout un chacun, car il évoque nos douleurs, nos peines, notre attachement à la famille, l’ombre de la mort planant tout du long sur l’existence (à travers les êtres chers que l’on perd progressivement). L’animation de ce conte un peu lugubre façon Charles Dickens possède une sophistication particulière, tranchant avec les troubles psychiques endurés par la petite fille sortant de sa coquille d’escargot » (sa solitude, son poids, l’emprise qu’elle subit dans sa relation amoureuse).
Adam Elliot s’attache à décrire toutes les étapes d’une vie, souvent faites de bonheurs et de tragédies, de désespoir et de légèreté, bien qu’ici il insiste plus spécifiquement sur les côtés sombres. Ce film d’animation « adulte » non dénué d’une tendresse sincère pourrait nous flinguer le moral, mais au bout du compte touche en nous la corde sensible et surtout nous embarque dans un voyage un peu hors du temps au caractère universel. Et puis, il est tout de même rarissime de voir des dessins animés traiter de la maladie, du deuil et de l’abandon. Alors laissez vous conquérir !
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



