Une femme part à la recherche de son père disparu. Son périple la conduit vers une mystérieuse secte en Californie, où règne un mystérieux culte de morts-vivants.
Voici un des films d’horreur américains les plus méconnus du début des années 70. Messiah of Evil, réalisé avec un budget ultra limité, est l’œuvre de deux scénaristes (William Huyk et sa femme Gloria Katz) et ne ressemble à rien de connu jusque là. Avec ses habitants d’un village isolé non loin de San Francisco semblant pour la majorité touchés par une sorte de « pourrissement intérieur », le film pourrait se rapprocher dans l »esprit du fameux Romero La Nuit des Morts Vivants , avec une touche très personnelle. Les images baignent dans un onirisme constant, la photographie entretient une étrangeté inquiétante, soutenant une atmosphère flippante. Volontairement assez lent dans son intrigue, il contient des séquences étonnantes ne manquant pas d’idées (entre autres celle où une jeune femme se rend dans une salle de cinéma presque vide, qui se remplit peu à peu par des spectateurs mutiques qui ne veulent pas juste consommer du film!). On pense à plusieurs grands classiques du cinéma d’horreur tels que Fog, Zombie ou Le Loup Garou de Londres, sauf que ces titres sortiront bien des années plus tard. Messiah of Evil semble également influencé par le style de Mario Bava, auteur de La Baie Sanglante, avec ses dominantes de rouge et de bleu. Proche d’un cauchemar éveillé digne d’un récit de Lovecraft, le film surprend par sa maîtrise de mise en scène (surtout pour un premier travail de cinéastes débutants) et l’aspect insolite de son déroulement..
Du point de vue du casting, point de stars ou de têtes d’affiches, ce qui n’empêche pas d’y trouver des acteurs tenant très correctement leurs rôles. L’héroïne est campée par Marianna Hill, une actrice de second plan, aussi jolie que bonne comédienne. Elle fera surtout beaucoup de séries TV. Elisha Cool Jr, second couteau au faciès très reconnaissante, occupe un petit rôle, tout comme le futur réalisateur Walter Hill pour un caméo dans le prologue. Huyk et Katz, fervents admirateurs de la Nouvelle Vague, incluent un clin d’œil à Godard et Pierrot le Fou. Renforçant aussi l’impression d’une oeuvre très « arty », pensée, élaborée avec un esprit européen. Il faut sortir Messiah of Évil des limbes dans lequel il est resté trio longtemps confiné et lui redonner la place qu’il mérite.
ANNEE DE PRODUCTION 1973



