Elle l’aimait plus que tout, il l’aimait plus que toutes les autres. Simone Signoret et Yves Montand étaient le couple le plus célèbre de leur temps. Hantée par la liaison de son mari avec Marilyn Monroe et meurtrie par toutes celles qui ont suivi, Signoret a toujours refusé le rôle de victime. Ce qu’ils savaient, c’est qu’ils ne se quitteraient jamais.
Quel pari risqué d’évoquer la relation complexe de l’un des couples d’artistes les plus mythiques qui soit, un de ceux ayant le plus marqué la mémoire collective! Après son biopic sur Françoise Sagan, la réalisatrice Diane Kurys se penche sur le duo Simone Signoret/Yves Montand, leurs amours, leurs emmerdes, leurs passions, leurs malheurs! En débutant son film par une séquence montrant clairement ses deux vedettes principales, Marina Foïs et Roschdy Zem, en pleine transformation et maquillage, elle essaie un peu scolairement de prévenir que cette « fiction » relatant des faits réels ne cherche aucunement le mimétisme. Soit… Avec de louables intentions, elle applique à la lettre les conventions d’un biopic à deux voix et deux visages et en cela, Moi qui t’aimais se présente comme un catalogue des grands pans de ces deux vies (le scandale Marilyn, les tournages, les amitiés avec Reggiani et Périer, le César de Simone pour La Vie devant soi, la maladie, l’alcool, etc…): rien ne semble avoir été oublié, sauf que la faiblesse majeure réside dans le fait que Kurys traite tout cela sans relief, sans donner de chair à son récit. Elle vulgarise même l’essentiel du propos (l’amour entre ces deux êtres à la fois inséparables et dissemblables), insiste sur les infidélités (notoires) de Montand, sur le chagrin au long cours de Signoret et sur leurs vies cabossées par les conflits conjugaux. Par moments, une véritable émotion parvient à surgir au détour d’une scène, quand la nostalgie explose d’un coup, quand finalement la réalisatrice laisse le champ libre à ses interprètes.
Le casting justement, parlons en! Inégal sans nul doute, car Roschdy Zem a beau avoir pris un accent méridional et tenté un ton de voix approchant, il n’est malheureusement pas Montand, frisant sans cesse l’erreur de casting (sa coupe de cheveux, son allure de « vieux beau » gominé le faisant plutôt ressembler à Adamo!). A contrario, Marina Foïs tape juste en ne cherchant pas à imiter Signoret, ni en se cachant derrière des prothèses ou des cheveux gris, elle l’incarne avec intelligence et même une intensité certaine. Tous les rôles secondaires sont globalement corrects (Vincent Colombe, Sébastien Pouderoux, Thierry de Peretti), sans se démarquer outre mesure non plus. D’où un sentiment général d’à peu près, disons que le pari n’est pas raté, qu’il aboutit à un film moyen et assez anecdotique.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



