NEUF MOIS FERME

Ariane Felder est juge d’instruction et affiche une quarantaine un peu coincée. Lors du réveillon de nouvel An, elle se lâche pourtant et boit plus que de raison et perd le contrôle d’elle même. Six mois après, elle découvre qu’elle est enceinte, mais ne connait pas l’identité du père. Stupéfaite, elle apprend après une enquête personnelle que le géniteur de son bébé serait Robert Nolan, un célèbre criminel connu pour avaler les yeux de ses victimes…

Le cinéma délirant d’Albert Dupontel avait démarré sur les chapeaux de roues avec Bernie, s’est poursuivi ensuite avec de moindres réussites (Le Vilain, Enfermés dehors) jusqu’à ce 9 Mois ferme, sorte de comédie corrosive, située dans le milieu de la justice française. Jamais avare de script déjanté, Dupontel met une nouvelle fois le paquet dans les situations les plus trash et les plus décalées, en appuyant là où ça fait mal et en utilisant un humour noir percutant. Cette confrontation improbable entre une magistrate droite dans ses bottes et un cambrioleur assassin fait des étincelles par le biais de dialogues inspirés et désopilants, creusant un fossé immense entre deux mondes qui n’auraient jamais dû se croiser. Dupontel cède par moments à une imagerie grand guignol, ne lésinant pas sur les outrances pour mieux déconnecter son récit du réel et en faire une fable caustique avant tout. Tourné en grande partie dans le véritable Palais de Justice de Paris, 9 Mois Ferme bénéficie d’un décor chic pour un sujet loufoque et ce décalage constitue une des gageures du projet. Une nette baisse de rythme intervient cependant au bout d’une heure et les redites du dernier quart d’heure dévalorisent un ensemble de très bonne tenue. Dupontel essaye d’injecter une note de tendresse tardive pour « adoucir »‘ son final, n’assumant pas complètement la dinguerie annoncée.

En tout cas, c’est un régal d’acteurs avec surtout la prestation de Sandrine Kiberlain, fichtrement drôle en juge dépassée et au bord du gouffre après son faux pas de fêtarde occasionnelle. Son sens du comique n’a sans doute jamais été aussi bien exploité. Elle remporta d’ailleurs le César de la meilleure actrice. Dupontel s’est octroyé le second rôle, celui de l’affreux « globophage » accusé à tort, et livre un jeu presque en dessous de ses habituels pitreries. Nicolas Marié incarne l’avocat bègue, que l’on peut trouver très amusant quelques minutes, mais qui finit par saouler dans sa plaidoirie incompréhensible et pas franchement si tordante que ça. Les petites apparitions de Terry Gilliam, Jean Dujardin, Bouli Lanners, Laure Calamy ajoutent du positif dans cette comédie gonflée à déguster sans modération.

ANNEE DE PRODUCTION 2013.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Comédie décalée où la justice en prend pour son grade par un Dupontel caustique à souhait. Ultime partie plus "faible". Sandrine Kiberlain est une magistrate magistrale !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Comédie décalée où la justice en prend pour son grade par un Dupontel caustique à souhait. Ultime partie plus "faible". Sandrine Kiberlain est une magistrate magistrale ! NEUF MOIS FERME