Alors que New York fête la victoire sur le Japon, Jimmy Doyle, un soldat démobilisé, fait la connaissance de Frances au Starlight Club et l’aide à se faire engager dans un night club de Brooklyn en tant que chanteuse. Jimmy, saxophoniste de talent, supporte de moins en moins que sa belle obtienne plus de succès que lui et malgré leur mariage et un enfant à venir, les choses se gâtent entre eux…
Grand cinéaste oui, mais avant tout grand cinéphile, Martin Scorsese signe avec New York New York un éblouissant hommage à l’âge d’or de la comédie musicale américaine: autant celle venue de Broadway que celle du cinéma hollywoodien de Minnelli et Donen et réussit un coup de maitre baigné de nostalgie et de virtuosité. La rencontre entre ce saxophoniste névrosé et grande gueule et cette chanteuse discrète à la voix incroyable va connaitre les hauts (la romance se tisse peu à peu), la passion pour la musique les liant l’un à l’autre par un fluide invisible, et les bas (la jalousie, les disputes, le besoin de possession) et reste une des plus belles histoires d’amour du 7e Art. New York New York renoue donc avec le musical d’envergure, à l’ère du bebop puis du jazz, dans un travail esthétique recherché, une volonté de Scorsese de filmer dans des décors irréalistes (pour coller au style cher à la vraie comédie musicale d’antan) tout en racontant des faits, eux, réalistes, tangibles, concrets. Pourtant, en globalité, le film parle surtout d’amour incompatible, de scènes de ménages tonitruantes et d’ambitions contrariées et il y a peu de « numéros » chantés, sauf dans la dernière demie heure où le réalisateur de Taxi Driver imite quasiment l’idée de Cukor d’Une Etoile est Née et le long intermède musical de Born in a Trunk ,afin de résumer l’ascension de son héroïne au sommet.
Mais New York New York a gagné sa popularité mondiale surtout par deux aspects majeurs: l’interprétation de Robert de Niro, pour la troisième fois dirigé par Scorsese (énorme dans ce rôle d’artiste torturé et macho assumé) et surtout de Liza Minnelli, immense actrice de Cabaret, restituant là toute l’essence précieuse de son héritage maternelle: on pense à Judy Garland en permanence tant elle lui ressemble et joue de ce mimétisme pour servir son personnage de chanteuse adulée. Puis, le thème central et titre du film, devenu un tube indémodable, presque plus connu que le film lui même et qui clôt magistralement cette oeuvre ambitieuse, injustement boudée à sa sortie.
ANNEE DE PRODUCTION 1977



