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NOUVELLE CUISINE

Ching Lee, une ancienne star approchant la quarantaine, est décidée à retrouver sa beauté d’antan pour reconquérir son mari volage. Elle s’adresse alors à Tante Mei, une cuisinière charismatique qui a pour spécialité les « jiaozi », raviolis à la vapeur typiques de la cuisine chinoise. Vendus à prix d’or, les jiaozi de Mei, à l’étrange éclat rosâtre, sont réputés pour leurs vertus rajeunissantes…

Parti d’un segment utilisé dans le film 3 Extrêmes, Nouvelle Cuisine fut ensuite élaboré sous forme d’un long métrage et apporta à Fruit Chan, réalisateur hongkongais, une petite renommée et un accueil enthousiaste dans les festivals. Film de genre barré, que l’on peut qualifier d’horrifique (du moins dans ce qu’il suggère), le récit dérangeant de cette « jeune » cuisinière préparant ses raviolis maison (avec ses ingrédients tenus secrets) traite autant de course au jeunisme que de cannibalisme et impose une amoralité totale, d’autant plus effrayante qu’elle pourrait être « réaliste ». Par le truchement d’une mise en scène élégante, d’une photographie appliquée, Nouvelle Cuisine intrigue d’abord par le traitement non frontal de son sujet, dérive ensuite lentement vers le malsain et ne craint pas de terminer dans le glauque le plus radical. Déjà dans Soleil Vert, il était question de cannibalisme « imposé » à la population (ignorante de ces pratiques), ici le propos semble assumé et nous rappelle même  avec un humour noir délectable que durant les famines en Chine, les êtres humains se mangeaient entre eux bien au delà de la morale et des tabous. La quête de jeunesse éternelle trouve une solution idéale dans le recyclage d’embryons issus d’avortement illégaux et le film explore les faces sombres d’une Chine pleine de mystères et de zones d’ombres.

L’étonnante Tante Mei est incarnée par Bai Ling, une actrice chinoise vue dans Anna et le Roi et Taxi 3, délicieusement sensuelle et inquiétante en même temps. Miriam Yeung, sa cliente obsédée par sa beauté fanée, n’a pas eu droit à beaucoup de visibilité puisque Nouvelle Cuisine reste son seul film sorti en France. Enfin, l’unique rôle masculin important revient à Tony Leung, le beau chinois que l’on avait découvert dans L’Amant de Jean Jacques Annaud en 1991. Ce scénario aussi bizarre qu’original peut éventuellement couper l’appétit, faire froid dans le dos, grincer des dents par son cynisme glacial. En tout cas, il ne pourra laisser indifférent, voire même laisser un arrière goût de… raviolis!

ANNEE DE PRODUCTION 2006.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Estomacs bien accrochés, vous allez déguster ce petit film d'horreur psychologique très bien mené par le hongkongais Fruit Chan. Délicieusement dérangeant même si peu ragoûtant.

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