Colin, un jeune homme introverti, rencontre Ray, le séduisant et charismatique leader d’un club de motards. Ray l’introduit dans sa communauté et fait de lui son soumis.
Présenté l’an dernier au festival de Cannes dans la section Un Certain Regard d’où il est reparti avec le prix du Meilleur Scénario, Pillion passa ensuite par le festival Cheri Chéries avant d’enfin trouver un distributeur français suffisamment courageux pour le sortir en salles. Ce premier long métrage britannique d’un certain Harry Lighton ne ressemble à aucun autre film « gay » par sa façon audacieuse de mêler à la fois la « romance », la comédie, l’étude de caractères et même le drame sentimental. Le pitch de départ (la relation entre un jeune policier timide et un beau biker placée sous le signe du soumis et du dominateur ) pourrait laisser imaginer un film uniquement basé sur le sexe avec de nombreuses scènes sulfureuses et le plus stupéfiant c’est que justement Pillion ne se borne pas a rester cantonné dans ce postulat. Le parti pris de l’humour désamorce l’aspect scabreux et « complexifie » le récit qui devient alors audacieux et surtout beaucoup moins convenu. Au fur et à mesure, de véritables pointes d’émotion viennent même pimenter le scénario, très bien écrit d’ailleurs, et servi par une mise en scène tout à la fois tranquille et sachant pertinemment où elle va. L’interdiction aux moins de 16 ans a été apposée par rapport aux deux ou trois séquences ouvertement érotiques mais filmées sans voyeurisme gratuit non plus. Délibérément transgressif, Pillion ne se contente pas de choquer pour choquer, il instaure un ton également cocasse, drôle et finalement plus tendre qu’il en a l’air.
Pillion fonctionne enfin par l’opposition également physique de son couple d’acteurs. Le jeune Harry Melling, autrefois vu dans Harry Potter, gringalet, maladroit, au faciès un peu ingrat, joue le soumis « doué pour la dévotion » face à l’impressionnant Alexander Skarsgaard, corps sculpté, visage impassible, furieusement désirable, incarne le motard dominateur qui ne veut à aucun prix fendre l’armure. Un tandem à la symbiose que l’on oubliera pas de si tôt. Pillion assume joliment son côté clivant, en dehors des clous, et cette proposition de cinéma originale nous ravit autant par son regard malicieux sur le milieu des BDSM que par son aptitude à ne pas traiter son sujet en sombrant dans les pires clichés. A voir absolument.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



