POLICE

Acculé par l’inspecteur Mangin, Claude balance Simon et ses frères, des grossistes de Belleville, écoulant de l’héroîne à Marseille. Mangin embarque Simon et Noria, sa compagne. Au commissariat, les interrogatoires s’enchainent dans un climat tendu. Mangin commence à malmener Noria qui reste inflexible au départ…

Comme il l’avait fait auparavant avec Loulou ou A nos Amours, Maurice Pialat aborde le genre policier pour mieux traquer la vérité de ses personnages, décrire le quotidien d’un commissariat scandé par les interrogatoires musclés, les arrestations en série, ceux qui font respecter les lois et ceux qui les bravent. Police se présente presque comme un documentaire sur le métier de flics, montrant l’envers d’un décor peu reluisant, grâce à une caméra toujours en alerte, soucieuse de capter les situations de manière très réaliste. Le scénario, écrit par Catherine Breillat et Jacques Fieschi, prend comme prétexte la traque d’une bande de trafiquants de drogues, mais l’intérêt est ailleurs: il s’agit de montrer un policier zélé, un avocat corrompu, des accusés se défendant mal, et au centre du jeu, une fille « paumée » complice des agissements de son petit ami. Pialat voulait se borner à faire un « film d’hommes », mais l’apport de Breillat amène du romanesque dans une intrigue balisée dès le départ. Partagé entre sa trame de polar à la française et la naissance d’une histoire d’amour entre le flic et la demoiselle mythomane invétérée, Police regorge de brutalité dans sa première partie, avant d’amorcer un virage plus « tendre » ensuite. Mais sans mièvrerie bien sûr, Pialat détestant les sentiments mielleux ou dégoulinants. Dans une veine sociale qu’il avait déjà exploré avec Loulou, le cinéaste s’attache à des marginaux en colère contre la société, avides d’argent facile et de sales combines.

En inspecteur Mangin, ogre parmi les ogres, Gérard Depardieu bouffe l’écran par sa présence physique imposante, son aisance à passer de la blague salace à des moments d’intimité plus sensibles. Pialat a extirpé le meilleur de sa comédienne, Sophie Marceau, dépouillée de sa stature de vedette de La Boum, casse son image et en résulte une composition remarquable (sans doute la seule vraiment notable dans une carrière complètement gâchée). Au delà des mauvais rapports qu’elle a entretenu avec son réalisateur et avec Depardieu, le couple qu’elle forme avec lui fonctionne très bien et crée même une émotion sincère. Dans un petit rôle, Sandrine Bonnaire campe une prostituée, deux ans après sa révélation d’A nos Amours et Richard Anconina profite de son « heure de gloire » dû à Tchao Pantin. Police ou la tentative plutôt convaincante de s’approprier un genre (le polar noir) avec une force singulière.

ANNEE DE PRODUCTION 1985.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Maurice Pialat ne fait pas un policier comme tout le monde: social, réaliste, et en prime non dénué de romanesque. Depardieu en impose largement face à Sophie Marceau, tout à fait étonnante.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Maurice Pialat ne fait pas un policier comme tout le monde: social, réaliste, et en prime non dénué de romanesque. Depardieu en impose largement face à Sophie Marceau, tout à fait étonnante. POLICE