David et Diana se sont connus très jeunes et sont des amoureux que tout le monde envie. Mariés, ils fourmillent de projets jusqu’au jour où leurs métiers respectifs sont frappés par la récession et ils se retrouvent sans argent. Ils ont l’idée d’aller à Las Vegas pour peut être y gagner beaucoup, mais après un peu de chance, ils finissent par reperdre tous leurs gains. Un milliardaire qui a repéré Diana leur propose alors un million de dollars en échange d’une nuit avec la jeune femme…
Neuf semaines et demie et Liaison Fatale furent les titres de gloire d’Adrian Lyne au cours de la décennie 80, se spécialisant donc dans les films sulfureux, basés sur le sexe, la passion, le scandale. Des notions que l’on retrouve évidemment ici avec un thème supplémentaire pour le moins racoleur: l’argent. Il se doute que la réunion de tous ces ingrédients va déclencher l’intérêt du public: est ce pour cette raison qu’il délaisse volontairement sa mise en scène, bien secondaire, pour se pencher sur le cataclysme que va causer dans la vie d’un couple d’amoureux cette fameuse proposition (coucher pour un million de dollars et faire ensuite comme si de rien n’était). Comme le milliardaire a la gueule de Redford évidemment, cela « complique » les choses puisqu’au delà du simple « échange de bons procédés », le désir et le trouble s’invitent chez la jeune femme et viennent redistribuer les cartes. Finalement, ce « retournement » dans le script rend le propos plus accrocheur, Lyne intégrant le doute, la jalousie dans une romance qui semblait au départ indestructible. Mais comme pour Liaison Fatale, l’immoral se dégonfle comme une baudruche pour laisser place au rétablissement des bonnes valeurs et à une « happy end » très conventionnelle.
Outre Robert Redford dans le rôle du perturbateur richissime (la cinquantaine très reluisante), le film tourne surtout autour du couple formé par Demi Moore et Woody Harrelson. Demi Moore, alors en plein boum de carrière après Ghost et Des Hommes d’Honneur, incarne cette jeune épouse bien jolie tiraillée entre deux hommes et appâtée forcément aussi par son besoin d’argent, Harrelson joue le mari dont toutes les certitudes s’effondrent devant le déroulement des événements. Avec son érotisme « cérébral », Proposition Indécente tend à démontrer que l’argent n’a pas d’odeur et que l’on peut aisément « acheter » les gens: comme s’il révélait les limites du talent d’Adrian Lyne, car ce fut objectivement son dernier film à peu près potable.
ANNEE DE PRODUCTION 1993.



