Trois mecs mariés et bons pères de famille se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle dans une zone désertique de canyons. Un moyen pour eux d’évacuer leur stress et d’affirmer leur virilité armes à la main. Cette fois, l’un d’eux est venu avec sa jeune maîtresse, une lolita ultra sexy qui attise rapidement la convoitise des deux autres. Les choses dérapent. Dans l’enfer du désert, la jeune femme laissée pour morte reprend vie.
Hasard ou coïncidence ? Revenge, premier long métrage de Coralie Fargeat ,une réalisatrice française très inspirée par le cinéma américain et notamment les films de « rape and revenge » (sous genre dans le domaine horrifique), est sorti en pleine explosion du mouvement #metoo, après la chute du très puissant Harvey Weinstein. Le scénario, mince (une jolie donzelle laissée pour morte par ses violeurs les pourchasse pour leur faire la peau) mais efficace (tension maximale tout du long) relate le combat féministe à plein nez, l’inversion du rapport de forces, la revanche d’une femme seule contre trois sales types qui se sont servis de leur sexe pour la détruire dans tous les sens du terme. Coralie Fargeat doit aimer les films d’horreur pour autant recourir au gore (attention certaines séquences sont ultra sanglantes) , frisant parfois la surenchère mais non dépourvu d’un style bien à elle ; plans structurés, idées nombreuses de mise en scène et souvent ça matche , un sens de la tension et du montage. Bien sûr, elle cède aussi a un penchant pour le « too much » et quelques situations manquent de crédibilité ( la nana survit tout de même a une chute de plusieurs mètres et d’une éventration qui devraient lui être fatale), Fargeat fait de son héroïne une Lara Croft vengeresse sans pitié pour ses bourreaux.
Dans ce type de production où tout mise sur l’action et le spectaculaire, le casting passe au second plan. Sans démériter pourtant, la jeune Matilda Lutz, plastique de top model, livre surtout une performance « physique » plus qu un jeu d’actrice a proprement parler (d’autant que les dialogues y sont réduits au maximum). Ses trois partenaires masculins (Kevin Janssens, Victor Colombe et Guillaume Bouchède) incarnent les machos abrutis destinés à crever sous les coups de la Belle. Ce règlement de comptes sauvage renvoie à des oeuvres comme Délivrance, La Colline a des yeux ou Kill Bill (l’humour en moins). Coralie Fargeat affiche un sérieux goût pour le body horror, à la façon de Cronenberg, triturant les chairs et malmenant les corps avec sadisme. Son second opus, The Substance, choc viscéral de l’an dernier, a démontré que son talent n’était pas juste le fait du hasard.
ANNEE DE PRODUCTION 2018.



