Marginalisé par des pouvoirs psychiques extraordinairement développés, le télépathe Cameron Vale reprend pied suite au traitement administré par le docteur Ruth, un scientifique à la tête de ConSec, une firme de sécurité et d’armement, ayant recruté Cameron afin de recenser tous les autres individus possédant comme lui des pouvoirs surnaturels. Une mission dont il n’a pas mesuré tous les dangers. Sa route va croiser celle de Daryl Revok, un scanner comme lui, mais malfaisant, si puissant et avide de revanche qu’il pourrait plier toute l’humanité à sa volonté.
La décennie 70 vit les débuts derrière la caméra de David Cronenberg qui allait devenir un des cinéastes du cinéma fantastique les plus importants sur la planète. Avec ses premiers opus Rage et Frissons, il inventa l’horreur biologique, organique, malmenant les corps, les livrant à des mutilations en tous genres, à des virus mortels, des agressions extérieures, des contaminations insidieuses. Et avec Scanners, il entérine ce processus dans une intrigue plus proche de la science fiction et plus déroutante encore dans sa narration. En mettant en scène des télépathes détenant le pouvoir de s’infiltrer dans le psychisme humain, Scanners déconcerte par ses idées étranges, surnaturelles, ancrées pourtant dans notre époque moderne, où les êtres semblent victimes d’expériences scientifiques bizarres, où leurs cerveaux est à la merci d’entités malfaisantes. Cronenberg parait plus brouillon dans son récit, semant la confusion dans les enjeux du script, et sa réalisation ne vient pas forcément rattraper ces manquements. Comme si après avoir accouché de sa bonne idée de départ, il ne savait pas comment la développer harmonieusement. Cette fois, le parasite provient d’une substance administrée aux femmes enceintes assurant à leur foetus des dons de médium: inévitablement, tout dérape et la science sème la terreur.
Scanners souffre également d’effets spéciaux un peu vieillots qui ont mal supporté les années (exception faite de la scène finale relativement réussie) et d’un casting très inégal. Stephen Lack, le personnage central, a deux expressions et un jeu monocorde, Jennifer O’Neill (Un Eté 42) bien charmante mais piètre actrice, par contre le méchant de l’histoire est incarné par Michael Ironside, un acteur canadien au faciès inquiétant qui faisait déjà très peur en serial killer de Terreur à l’Hôpital Central. Les meurtres perpétrés sous contrôle mental imaginés par l’auteur de La Mouche demeurent une idée singulière qui influencera des réalisateurs bien mois doués. Scanners connut un succès conséquent au box office et permit à Cronenberg d’adapter Dead Zone de Stephen King et de s’attirer un plus large public encore.
ANNEE DE PRODUCTION 1981.



