Nathalie conduit sa soeur cadette Claire, une jeune femme réservée d’une trentaine d’années, dans un centre pour amnésiques appelé « Les Ecureuils ». Celle ci a été victime d’un coup de « foudre » en forêt et présente des troubles de la mémoire. Sur place, elle y rencontre Philippe, un homme ne se rappelant plus de l’accident qui a causé la mort de sa femme et de son jeune fils…
Actrice populaire renommée de Cuisines et Dépendances ou La Crise, Zabou Breitman passe l’examen délicat du jeu à la mise en scène avec ce premier long métrage. Saisissant avec courage et de manière documentée le sujet douloureux de la maladie d’Alzheimer, elle navigue entre comédie et drame, depuis l’univers médical jusqu’au quotidien de plus en plus compliqué d’une jeune femme atteinte de ce mal incurable. Filmer le basculement progressif de la perte de mémoire fut un défi loin d’être simple que Zabou relève avec délicatesse, tact et surtout compassion. S’évertuant de ne pas tomber dans un mélo facile, Se souvenir des belles choses contient quelques maladresses d’écriture et des imperfections dans le déroulement du traitement, mais dès que l’histoire d’amour entre Claire et Philippe démarre, le film privilégie la tendresse plutôt que le sordide constat de la maladie. Cette réalité là existe bien sûr toujours, cependant Zabou la rend moins « insupportable » avec des pointes de légèreté, un brin d’humour, comme un espoir fragile que tout pourrait continuer comme ça longtemps. Puis, le désordre des mots, la confusion, le sens des choses les plus élémentaires se perd et la vie s’effiloche peu à peu pour la jeune héroïne.
Soutenu par une distribution pleine de jolis seconds rôles comme Bernard Le Coq, Anne Le Ny, Dominique Pinon, François Levantal, le noyau dur du film se concentre bien sûr sur le couple formé par Isabelle Carré et Bernard Campan. Elle, fragile, lumineuse, en pleine possession de son talent, incarne cette jeune femme sans cesse au bord du gouffre avec des nuances émouvantes. Elle y gagna un César de la meilleure actrice. Lui, loin de ses amusantes prestations avec Les Inconnus, surprend très agréablement dans le registre dramatique, touchant en amoureux désemparé. Pour eux surtout, on se souviendra longtemps de ce film sensible auquel il est difficile de résister.
ANNEE DE PRODUCTION 2002.



