Sans famille, sans fric ni amis, Nomi Malone débarque à Las Vegas pour tenter de devenir danseuse dans une revue. A peine arrivée, elle se fait voler sa valise, et se retrouve errante dans la ville. Molly Abrams, costumière du cabaret Le Cheetah, la recueille chez elle pour lui filer un coup de main. Peu après, Nomi se rend au Stardust admirer la vedette du show Cristal Jones qu’elle envie d’emblée et se met en tête de prendre sa place…
On dirait qu’après le carton planétaire de Basic Instinct, sommet de perversion et thriller de très haute tenue, Paul Verhoeven a cherché à réitérer dans le genre « film à scandales » et s’est dit qu’en racontant la trajectoire d’une jolie strip teaseuse ambitionnant de devenir danseuse dans le cercle fermé des revues de Las Vegas, il pourrait retrouver un public friand de nanas à poil, de sexe frontal, de provoc et de scènes sulfureuses. Hélas, il fut pris à son propre piège, car Showgirls cumule des tares rédhibitoires: à commencer par une mise en scène racoleuse au possible, suivi par un scénario d’une pauvreté affligeante et enfin d’un aspect « toc » qui fait de son film un sommet de caricature et de kitsch. Surfant, au milieu de cette décennie 90, sur la mode des thrillers érotiques, Showgirls n’est en fait qu’un déroulé de séquences où la nudité des demoiselles semble la seule chose qui intéresse l’auteur de Starship Troopers, filmées avec une misogynie détestable, et l’érotisme promis ne provoque que de tièdes réactions. Vulgaire, sans une once de finesse, Verhoeven prétend vouloir décrire une Amérique gangrénée par une soif de réussite, son héroïne représentant la « plouc de province » montée dans la Grande Ville pour s’y faire un nom! Tout est dans l’exagération, l’exubérance et la satire mordante que l’on pouvait éventuellement lire entre les lignes retombe comme un soufflé.
Pour ne rien arranger, la jeune actrice choisie (clairement pour sa plastique de blonde hyper bien gaulée forcément) Miss Elisabeth Berkley a oublié de prendre des cours de comédie et joue de manière monocorde toutes ses séquences (qu’elle soit en colère, triste ou enthousiaste, elle garde une identique expression complètement creuse). Quand on pense à ce que Verhoeven a extirpé de Sharon Stone dans Basic Instinct en comparaison, on ne peut qu’y constater un gouffre abyssal! Gina Gershon, en danseuse rivale sexy, possède déjà plus de personnalité et malgré un rôle sans réelle épaisseur, s’en tire beaucoup mieux. La morale du tout? Une star chasse l’autre, la chair fraiche est interchangeable ! Plus de deux heures pour en arriver là, pas de quoi fouetter une chatte!
ANNEE DE PRODUCTION 1995.



