SIRAT

Après que sa fille Marina a disparu sans laisser de traces lors d’une rave party au Maroc, son père Luis se lance à sa recherche accompagné de son jeune fils de douze ans, Esteban. Ils s’enfuient avec plusieurs participants d ‘une rave et traversent le massif de l’Atlas dans un autocar cabossé, peu adapté aux routes désastreuses qu’ils doivent parcourir. Leur objectif: atteindre une autre rave à la frontière Sud du Maroc où ils ont l’espoir de retrouver Marina…

Réalisateur franco espagnol, Oliver Laxe a déjà quatre films à son actif et ce dernier opus, Sirat, est certainement le segment le plus singulier et le plus frappant de sa jeune filmographie. Considéré comme le choc absolu du dernier festival de Cannes d’où il est reparti avec le Prix du Jury, le film oscille entre le récit d’aventures, le road movie et le drame humain. D’emblée, la proposition de cinéma ensorcèle par la maitrise de sa mise en scène, ses décors naturels du désert marocain (fascinant et inquiétant à la fois), cette musique techno aux sonorités obsédantes qui n’en finit pas d’hanter nos oreilles (même quand il n’y a pas de notes musicales sur la bande son). Sirat se découpe en deux parties distinctes: la première, consacrée à la quête d’un père pour retrouver sa fille, apparait presque comme trop lancinante, en tout cas menée sur un rythme faussement tranquille. Puis, dans la seconde, tout s’accélère et le film devient un « survival » éprouvant pour les nerfs par l’irruption de deux séquences particulièrement brutales et inattendues. A partir de là , l’expérience se transforme en trip très malaisant, où la mort semble engloutir tout l’espace, où le danger se fait envahissant, débordant de chaque plan. D’un point de vue mystique, Sirat interroge carrément notre place si précaire et si insignifiante sur Terre et dans ce monde désordonné et chaotique.

On retrouve avec un sacré plaisir un acteur espagnol un peu plus rare depuis une dizaine d’années, après sa consécration stupéfiante de Harry, un ami qui vous veut du bien: Sergi Lopez incarne ce père lancé dans une recherche désespérée et renait ainsi de ses cendres. Les autres (Bruno Nunez Arjona, Richard Bellamy, Stefania Gadda) se distinguent par des physiques de teufeurs allumés. Oliver Laxe passe de l’euphorie de la danse et de la transe provoquée par les drogues consommées par les protagonistes à un cauchemar éveillé dont on ne ressort pas indemne. Les influences allant de Mad Max à Le Salaire de la Peur n’empêchent pas Sirat d’avoir sa patte personnelle et de créer un choc par ses images mémorables. Cette certaine idée de l’enfer sort vraiment des sentiers battus.

ANNEE DE PRODUCTION 2025

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Oliver Laxe confirme son originalité et sa puissance de mise en scène avec ce road movie brutal et éprouvant. Sergi Lopez fait un retour remarqué. Prix du Jury cannois pour cette oeuvre étonnante.

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