SYLVIA SCARLETT

Endeuillée par la disparition de sa mère, Sylvia Scarlett est obligée de fuir avec son escroc de père qui lui avoue avoir volé son employeur. Elle se coupe les cheveux pour se faire passer pour un garçon et fait la connaissance de Jimmy Monkle, un séduisant escroc.

Dans les premières oeuvres du débutant George Cukor, tournées dans la décennie 30, se trouve notamment ce Sylvia Scarlett tout à fait étonnant. Une comédie placée sous le signe du marivaudage avec pour pitch central une jeune fille se déguisant en garçon pour brouiller les pistes et s’enfuir avec son père recherché pour escroquerie. L’occasion pour Cukor d’aborder des thèmes quasiment jamais traités dans le cinéma américain à cette époque: l’identité sexuelle par exemple, la question du genre également avec le trouble équivoque de séduire un homme qui en fait est une femme et vice versa!  Le ton oscille entre farce, drôlerie, récit d’aventures et l’humour taquin trouve sa place dans une intrigue certes abracadabrante et toutefois rythmée. Cukor joue sur l’ambiguité, le paraitre, passe d’un coeur à l’autre pour sonder les sentiments de chacun, et après moults péripéties, aboutit au triomphe de l’amour avec une happy end tout ce qu’il y a de plus morale. La mise en scène encore assez brouillonne de Cukor serait sûrement l’aspect le plus négatif à soulever. Mine de rien, le film s’autorise, malgré le Code Hays en vigueur, des allusions appuyées sur l’homosexualité, l’androgynie et la pansexualité: les censeurs se sont laissé berner par les dialogues légers et le « ‘non sérieux » de l’ensemble.

Il s’agit de la seconde collaboration de Cukor avec Katharine Hepburn sur les huit qu’ils auront ensemble dans leurs carrières respectives. Ici, l’actrice s’amuse à se travestir, aidée par sa grande taille, son port de tête élancé et son visage facilement transformable et tout naturellement, on croit à son personnage de Sylvia devenu Sylvester. A ses côtés, son partenaire fétiche, Cary Grant, inimitable dans le comique de situation, exquis autant par son aisance que par sa classe innée. C’est pourquoi on peut facilement pardonner une réalisation médiocre et un scénario rocambolesque et s’attarder sur l’audace dont a fait preuve Cukor. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que le film ait été un cinglant désastre public et critique: trop en avance sur son temps!

ANNEE DE PRODUCTION 1935.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une comédie sur le genre plutôt osée pour l'époque. Cukor, pas encore maitre de sa caméra, se cherche. Katharine Hepburn est délicieuse et Cary Grant lui emboite le pas avec fougue.

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