Dawn, une adolescente, milite activement dans un club de son lycée prônant la chasteté jusqu’au mariage. Son abstinence sexuelle est de plus en plus souvent mise à rude épreuve, d’abord par le séduisant Tobey, puis par les provocations de son demi frère à la sexualité débridée. Sa vie bascule le jour où elle découvre que son vagin a une particularité vraiment très singulière…
Voici un des produits du cinéma américain les plus originaux de ces vingt dernières années: un film de genre oscillant entre la parodie et l’horreur, sans oublier une tendance marquée pour la comédie pour ado. Ce premier long métrage d’un certain Mitchell Lichenstein détourne joyeusement les codes du « teen movie » par le biais d’un scénario au pitch très inattendu, clame sans vergogne son attrait pour un humour noir dévastateur et près de dix ans avant le mouvement #metoo, fait figure de film furieusement féministe. Teeth démarre de manière presque douceâtre et ne dégaine pas d’emblée l’artillerie lourde quant à ses effets horrifiques, c’est peu à peu que le scénario avance qu’il nous déconcerte. Série B clairement assumée, finalement plus ironique que franchement terrifiante, Teeth parle de sexualité dans une Amérique puritaine et rétrograde, de virginité et d’éveil aux premiers émois de manière décomplexée. Le réalisateur débutant reste un peu trop dans la réserve sur le fond de son sujet, cependant il se lâche allégrement dans au moins trois séquences aussi trash qu’hilarantes que l’on ne spoilera pas ici.
Passant aisément de la jeune fille effarouchée et coincée à la vengeresse consciente de son pouvoir sur la gent masculine, Jess Weixler, jolie actrice blonde alors quasiment inconnue, occupe l’espace et l’écran avec un charme particulier et une présence certaine. Elle fut lauréate d’un prix d’interprétation au festival de Sundance. Dans le reste de la distribution, on retrouve quelques visages familiers du cinéma indépendant comme Josh Pais en gynéco, John Hensley en frère toxique ou Hale Appleman en première victime très surprise de son sort! Frisant parfois le graveleux, Teeth demeure une proposition de cinéma suffisamment « border » pour attirer notre attention. Un pied de nez plutôt osé aux grosses productions pleines de testostérone censées… nous la couper!
ANNEE DE PRODUCTION 2007.



