Après une expérience psychédélique dans le désert californien, Jim Morrison, chanteur des Doors, et ses acolytes commencent à se produire sur scène à Los Angeles et font rapidement sensation. Il devient un phénomène et mène une existence chaotique entre sexe, drogue et rock n’roll…
Réputé pour son peu de finesse dans le traitement de ses sujets (Platoon, Wall Street, Tueurs Nés), le cinéaste américain Oliver Stone rend un vibrant hommage à une de ses idoles, Jim Morrison, avec ce biopic tumultueux sur le parcours non moins explosif du leader du groupe de rock The Doors. Il le décrit comme un être aussi doux que rêveur, aussi tourmenté que foncièrement provocateur et bien sûr avide de poésie, de mots, de chansons fortes pour signifier toute sa rébellion. Le film s’acharne à nous montrer un homme aux frasques nombreuses, friand de coup d’éclats scéniques et presque constamment « halluciné » par la prise de drogues en tous genres. Stone agrémente son récit des titres les plus connus du groupe (The End, Light my fire, etc…), néglige de traiter les seconds rôles pour ne viser que son but premier: Morrison et rien que Morrison! L’auteur de JFK entend raconter une époque bien définie de l’Amérique, celle des hippies, de la révolution sexuelle, de la guerre du VietNam en filigrane et apporte tout son amour de fan pour le groupe qui a bercé sa jeunesse. The Doors insiste aussi sur la dimension chamanique et mystique du chanteur, mort à 27 ans, et rentré dans la légende fauché en pleine gloire, ce que l’on a le droit de trouver trop envahissant. Avec ses distorsions de cadres, ses inserts d’images d’archives sur les années 65 à 71 (le final tourné sur les lieux mêmes du Père Lachaise où repose Morrison), et ses nombreuses séquences de concert, Oliver Stone ne fait pas dans la dentelle esthétique: c’est son style bien identifiable.
Campant un Jim Morrison plus vrai que nature, Val Kilmer livre non seulement un fascinant numéro d’acteur, mais également son rôle le plus marquant dans une carrière assez décevante par ailleurs. En Pamela Courson, muse et compagne jusqu’au bout, Meg Ryan fait ce qu’elle peut, hélas son rôle est insuffisamment écrit et développé et l’on ne voit en elle qu’une junkie jalouse un peu bécasse. Kyle MacLachlan, Michael Madsen, Kevin Dillon, Kathleen Quinlan se partagent les miettes d’un casting clairement sacrifié pour Kilmer. Si l’on accepte la vision forcément romanesque du personnage, The Doors constitue une biographie très correcte et surtout un régal pour les oreilles nostalgiques de ce groupe décidément atypique.
ANNEE DE PRODUCTION 1991.



