THE OFFENCE

Un violeur de fillettes terrorise une banlieue anglaise sordide. Un suspect, Kenneth Baxter, est arrêté et conduit au commissariat. Convaincu dans son for intérieur qu’il est coupable, l’inspecteur Johnson mène un interrogatoire musclé qui tourne mal…

Dans la belle filmographie du réalisateur Sidney Lumet, The Offence fait office de vilain petit canard mal aimé, resté inédit en France, sans doute trop sombre pour espérer obtenir un quelconque succès auprès du public. Cette oeuvre coincée entre le genre policier et le drame psychologique présente en effet une intrigue trouble (l’enquête autour de viols d’enfants) à priori classique avant de glisser rapidement vers le portrait d’un flic tourmenté, usé, complètement hanté par la violence qu’il a dû combattre en vingt ans de service. Lumet s’y entend pour installer un climat pesant dans des décors sinistres (aussi bien extérieurs qu’intérieurs), traitant de la lutte entre le Bien et le Mal, dessinant une frontière ténue entre l’innocence et la culpabilité. Lumet évoque la pédophilie, la maladie mentale, les traumatismes d’un policier incapable de réfréner sa rage et qui finit par déraper face à un accusé qui le nargue. Lumet accorde d’ailleurs beaucoup trop d’importance à cette séquence de « pétage de plombs » qui est vue sous différents aspects et qui ouvre aussi le film: en la répétant plusieurs fois, The Offence perd un peu de sa tension dramatique. Mais là où Lumet marque des points, c’est en nous faisant quasiment rentrer dans la tête de cet inspecteur, épousant ses angoisses, tel un voyage au centre de son malaise. La photographie, glauque, contribue à nous immerger dans ce cauchemar éveillé dérangeant.

Désireux de s’éloigner le plus possible du rôle phare de sa carrière, l’agent 007 James Bond, Sean Connery s’est battu pour obtenir ce film, faisant de son personnage torturé un des plus complexes de son parcours. Et il faut l’admettre: The Offence puise sa force dans son interprétation habitée. Trevor Howard et Iann Bannen lui apportent leur contribution dans des séquences dialoguées étirées comme dans le fameux Douze Hommes en Colère. Cette descente en enfer d’une noirceur absolue n’a pas eu la chance qu’il méritait à son époque, c’est pourquoi il est grand temps de réparer cette injustice et de découvrir une pépite rare d’un des réalisateurs les plus solides du 7e Art.

ANNEE DE PRODUCTION 1973.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sidney Lumet trace le portrait d'un flic au bout du rouleau enquêtant sur des viols d'enfants. Noir, désespéré et finement mis en scène. Sean Connery livre un très beau numéro d'acteur.

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