La Rose est une chanteuse de rock adulée à la fin des années 60. Sa célébrité internationale ne connait aucune baisse de régime… contrairement à elle, de plus en plus fatiguée, pressée comme un citron par un manager de plus en plus exigeant et des contrats fous qui ne lui laisse aucun répit. Elle voudrait se retirer pour « vivre » un peu, mais avant elle entame une grande tournée qui doit passer par sa ville natale.
Très largement inspiré de la vie et du destin de Janis Joplin, The Rose conte la trajectoire d’une chanteuse de rock au succès colossal, qui ne vit que pour son art, jusqu’à en oublier sa santé physique et mental. Pour tenir bon, elle s’alimente peu, boit de l’alcool à longueur de journée, prend aussi des drogues et des vitamines pour booster son énergie souvent défaillante. Stimulé par son sujet, le réalisateur pourtant d’ordinaire médiocre, Mark Rydell, la suit au plus près, nous faisant vivre son quotidien de star solitaire au bout du rouleau. Personnage excessif, constamment dans l’action, assumant ses défauts (vulgaire, cassante et même capable de violence), La Rose donne tout sur scène, ne s’économisant jamais, offrant à son public une image trash et jusqu’au-boutiste. Rydell ne verse pas dans le tragique facile, par contre il décrit bien la lente descente aux enfers de son héroïne, à travers un récit sans fioritures où elle s’autodétruit à coup d’alcool et de drogues en tous genres. Une image peu reluisante des coulisses et ce que l’on voit généralement pas des vedettes du rock. Le film est émouvant dans la façon dont il dépeint l’envie illusoire de la jeune chanteuse de vivre une existence « normale », tomber amoureuse et se ranger des voitures, mais fuir une célébrité pareille est il possible? La réponse est non bien sûr, elle doit continuer encore et encore…
The Rose doit absolument tout à son interprète titre, tenu par une Bette Midler déchainée et incandescente. Chanteuse de jazz et de blues, elle prouve combien être actrice fait également partie de ses nombreux talents et habite ce rôle de manière démentielle. Elle déploie un tonus étourdissant, crève l’écran et tout ce qu’elle fait force l’admiration. En manager impitoyable, Alan Bates impose une présence monstre (tentant de lui tenir tête), et Frederic Forrest écope du personnage de Houston, un bon gars sincèrement amoureux de la Rose jusqu’à supporter tous ses abus. Le climax du film, le titre Stay with Me, entonné dans un final déchirant, donne la chair de poule et démontre que les bêtes de scène, les vraies, ne peuvent que se brûler les ailes.
ANNEE DE PRODUCTION 1979.



