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TOUCHE PAS A LA FEMME BLANCHE

Le 25 Juin 1876, un détachement de l’armée américaine, emmené par le général Custer, est mis en pièces par les Sioux à Little Big Horn. Dans les heures qui précédent la bataille, militaires, hommes d’affaires et responsables politiques américains se croisent, font des affaires, préparent l’avenir, certains de leur bon droit et de la victoire finale…

Tout juste sorti du triomphe « scandaleux » de La Grande Bouffe, l’italien Marco Ferreri décida après avoir tiré à boulets rouges sur la société de surconsommation de décliner sa provocation par le biais d’un western parodique. Afin cette fois de dynamiter les oppressions à travers la véritable histoire de Little Big Horn, une bataille sanglante menée par Custer, un général sans pitié contre les Indiens. Ferreri utilise pour ce faire le ton de la satire, iconoclaste comme on le connait, sarcastique sur l’impérialisme américain, compatissant avec le peuple indien. Touche pas à la femme blanche se présente comme une farce loufoque, foutraque, un jeu de massacre réjouissant… à condition d’y déceler le propos politique sous jacent. Ce western urbain prit pour cadre l’incroyable  » Trou des Halles » parisien, alors en pleine démolition et transformé en Monument Valley moderne: un chantier idéal pour terrain de jeux, où l’humour caustique de l’auteur de Liza peut se déployer de manière « anarchique ». Il ne s’agit pas de reconstituer une épopée historique telle quelle, mais bel et bien de ne rien prendre au sérieux, alors que le propos de fond est clair: les rapports de force inéquitables entre oppresseurs et opprimés. Le scénario s’autorise des blagues un peu graveleuses, des bons mots parfois pas très finauds, pourtant l’esprit rebelle de Ferreri prend fait et cause pour les exclus en général, à savoir au moment du tournage, des milliers d’étrangers (pour beaucoup des arabes) parqués dans des pavillons de banlieue.

Ferreri retrouve toute sa joyeuse troupe de La Grande Bouffe et fait jouer Custer par un Mastroianni déluré, Michel Piccoli fanfaronne en Buffalo Bill, Ugo Tognazzi un traitre indien, Philippe Noiret campe le général Terry menant les opérations. Et puis, Serge Reggiani et Alain Cuny en chef Sioux s’éclatent dans des contre emplois étonnants. La plus belle surprise pourtant demeure la présence inopinée de Catherine Deneuve, on le sait à l’aise dans la comédie et qui incarne une infirmière aux toilettes blanches et aux cheveux roux répondant au nom déjanté de Marie Hélène de Boismonfrais! Son sens de la dérision y fait merveille. Echec total à sa sortie, le film ne déclencha ni rires ni mouvement de foule: sans doute était il un peu trop en avance sur son temps?

ANNEE DE PRODUCTION 1974.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un des films les plus incompris de Marco Ferreri: sous couvert de faux western, une réflexion sur l'impérialisme et ses dégâts collatéraux. Distribution de dingue, tous ou presque délirants.

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