La petite communauté quelque peu marginale de la ville de Perfection est soudain menacée par un monstre sorti de terre, espèce de ver géant doté d’une force phénoménale, et de multiples tentacules et capable de se mouvoir a grande vitesse…
Dans le genre du film de grosses bestioles affreuses, sales et méchantes, celle de Tremors a occupé une place non négligeable. Première réalisation d’un certain Ron Underwood, scénariste américain dont on est sans nouvelles depuis plus de 20 ans, ce mix hasardeux entre horreur et comédie a connu en son temps un succès plutôt enviable au box office. Située en plein jour et sous un soleil de plomb, l’action se déroule dans un bled paumé et désertique où les rares habitants vont devenir les proies de gros vers de terres gloutons et finir en buffet à volonté! Sur un ton assez sympathique et porté par un humour un peu graveleux, Tremors met en scène deux péquenots inséparables croisant la route d’une sismologue étudiant de curieuses variations inexplicables. Avant que les bêbêtes ne commettent leurs premiers méfaits! Dans la lignée des Dents de la Mer, version terrienne et bien sûr avec beaucoup moins de génie, Tremors n’a d’autre prétention que divertir, à défaut d’effrayer assez peu. Qui dit budget modique, dit effets spéciaux relativement moyens (la créature ressemble à un ténia informe affublé de trois têtes de serpents), mais l’intérêt se trouve plutôt dans la volonté d’Underwood de jouer avec les codes du western, du film d’action, le tout dans une déconnade quasi parodique.
Kevin Bacon, parfois égaré entre blockbuster et productions de série B comme celle ci, fait équipe avec Fred Ward (Short Cuts) et leur tandem rigolard et testostéroné ajoute un petit côté « je m’en foutiste » cadrant tout à fait avec l’esprit « branleur » véhiculé par le scénario. Dans la seconde partie d’ailleurs, Underwood se moque carrément de la tendance des américains à utiliser des armes à tort et à travers, dégainant fusils à pompes, revolvers, et même bombes artisanales pour venir à bout du monstre. Grâce au marché de la vidéo (alors florissant), Tremors a vite fait l’objet d’un culte exagéré et devint ainsi une franchise de sept films (!!!) tous assez dispensables. Ce volet originel a pris un coup de vieux, mais on passe tout de même 1H30 de fun sans prise de tête!
ANNEE DE PRODUCTION 1990.



