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TROUBLE EVERY DAY

Shane et Coré souffrent tous deux d’une angoisse inexplicable, qui les poussent à avoir des relations sexuelles violentes et sauvages avec des inconnus. Seul un mystérieux docteur, Léo, semble capable de les soulager et canaliser leurs pulsions…Shane part à sa recherche dans les rues de Paris…

Davantage portée sur l’étude de moeurs (J’ai pas sommeil), les histoires d’amours (Vendredi Soir) ou la comédie dramatique (Un Beau soleil intérieur), la réalisatrice française Claire Denis a voulu tester ses capacités dans le genre « horrifique » avec ce film étrange et singulier. Trouble Every Day n’a rien du film « aimable » ou très accessible: tout d’abord l’économie de dialogues pendant une bonne partie du récit déconcerte et peut même rebuter. Ensuite le déroulement nébuleux de la narration semblant se moquer éperdument de raconter une histoire en « bonne et due forme ». En effet, c’est un cinéma de l’abstraction, du ressenti, de l’invisible même et Denis s’empare de son sujet choc (le cannibalisme) avec le moins d’effets possibles. Ses personnages ne sont pas des vampires ordinaires, plutôt des êtres asexués, victimes de leurs pulsions, parvenant à la barbarie par le biais du sexe et du contact physique. Bien sûr, il y a malgré tout des images percutantes (Coré dévorant littéralement le jeune homme qui a eu l’imprudence de pénétrer dans la chambre où elle est recluse), du gore (pas mal de sang filmé de manière stylisée), sinon le rythme lancinant peut aussi finir par décourager les moins patients. Claire Denis a t’elle voulu faire une métaphore sur les ravages du Sida, maladie sexuellement transmissible mortelle ayant totalement bouleversé la fin du XXe siècle ou bien seulement doit on y voir une interprétation toute personnelle de l' »amour dévorant », celui qui consume les corps jusqu’à la mort?

La cinéaste mixe avec fascination l’érotisme, le désir, et bien sûr la mort, comme si elle explorait la frontière ténue entre Eros et Thanatos. Pour habiter ce scénario peu ordinaire, il fallait un casting de comédiens qui « osent », qui refusent tout compromis et peu réfractaires aux rôles radicaux. Vincent Gallo, dont on connait la sulfureuse réputation dans le cinéma underground américain, incarne ce scientifique au regard hypnotique, frémissant devant une peau nue, luttant contre son envie irrépressible de mordre. Béatrice Dalle retrouve Claire Denis après J’ai pas sommeil pour jouer cette femme cannibale quasi mutique et quelques années avant A l’Intérieur, où elle est une psychopathe sanguinaire, elle prouve combien elle peut être flippante. La photographie d’Agnès Godard, très belle, produit des plans (nocturnes notamment) en adéquation évidente avec le propos. Trouble Every Day n’est décidément pas un film d’horreur comme un autre.

ANNEE DE PRODUCTION 2001.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Fascinant et singulier, ce film d'horreur français déroute par son récit très lent, mais envoute par la beauté de ses images et son mystère constant. Gallo et surtout Béatrice Dalle incandescents.

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